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Revue de presseLes pigistes en Rhône-Alpes sont mieux formés mais moins bien payés que dans le reste de la FranceInterview Brunot Crozat
Le réseau Lyon Piges a mené du 1er au 31 mars 2012, en partenariat avec les Clubs de la presse de la région Rhône-Alpes une enquête sur la situation des journalistes rémunérés à la pige. Les résultats portent sur 81 réponses de journalistes qui ont répondu via un questionnaire en ligne. Cette enquête fait suite à celle menée en Midi-Pyrénées et sera complétée par d’autres enquêtes qui, à terme, devront refléter la situation des pigistes en France précise Brunot Crozat à l’origine de cette initiative.
Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ? Il faut savoir que 58% des pigistes ont suivi une formation en 2011. C’est très important d’une part, pour ceux qui n’ont pas emprunté la voie traditionnelle et d’autre part, pour ceux qui souhaitent se familiariser aux dernières technologies qui évoluent aujourd’hui très rapidement. 65% font partie d’un réseau à l’instar de Lyon-Piges ou d’un Club de la presse, 20% partagent des bureaux et 17% sont syndiqués (contre 11% au niveau national). Ce qui permet aux pigistes de ne plus rester seuls. 58 % des pigistes estiment que leur situation financière s’est dégradée. 63 % des journalistes pigistes de Rhône-Alpes gagnent moins de 1500 euros contre seulement 35% en France. Certes, même si dans notre enquête, il y a des journalistes non cartés, comparativement à l’enquête nationale qui s’appuie exclusivement sur des journalistes cartés, on peut dire que, soit les journalistes rhônalpins se débrouillent moins bien, soit les médias en Rhône-Alpes payent moins qu’ailleurs. Les tarifs de la pige, qui avaient fait l’objet d’une enquête il y a cinq ans, ont-ils évolué ? Il n’y a pas eu d’augmentation des tarifs de la pige dans les médias lyonnais depuis douze ans ! Et concrètement, 37% des pigistes perçoivent des indemnités chômage sur le modèle des intermittents du spectacle. Quels conseils prodigueriez-vous à un pigiste aujourd’hui ? Le premier est de ne pas rester seul et d’adhérer à un réseau ou à un Club de la presse. Le second est de se former car la presse évolue rapidement sur le web notamment. Lyon va accueillir les 48h de la pige, en quoi consiste cette manifestation ? Il s’agit de la deuxième édition après celle de l’ESJ à Lille. Elle se déroulera les 2 et 3 juillet à l’Université Jean-Moulin, cours Albert-Thomas. Le but de ces deux journées est de permettre aux journalistes pigistes de se connaître et d’échanger sur le journalisme et ses pratiques. N’oublions pas que les pigistes ne doivent pas seulement produire mais savoir vendre. Déjà 100 participants se sont inscrits. Propos recueillis par Serge Tonioni Travailler, oui, mais sous quel statut ?Avec l’apparition des autoentrepreneurs, de nombreux journalistes se demandent quel statut choisir. Que vous soyez journaliste en poste, ou pigiste, vous êtes parfois confronté à l’opportunité d’une collaboration ponctuelle. Et que cela soit dans le journalisme ou la communication, se posera forcément à un moment la question de la rémunération. Si l’on peut vous proposer une rémunération en honoraires, droits d’auteur ou factures, de votre côté, vous aurez tout à gagner à réfléchir à deux fois avant d’accepter autre chose qu’un salaire. Pour vous aider dans votre quête, voici quelques précisions importantes, pour les entreprises de presse et les autres, classées du meilleur au pire. Journalisme (dans un organe de presse) Piges: que des avantages ! Si votre prestation est commandée par une entreprise de presse, vous devriez être rémunéré en salaire. On parle de rémunération “à la pige”, qui se traduit par un bulletin de salaire indiquant un paiement au volume, intégrant les cotisations sociales. Une pige s’entend en nombre de feuillets, qui correspondent en moyenne à 1500 signes. Dans la région, le barème recommandé par le Club se situe entre 40 et 80 euros le feuillet. Ces bulletins sont comptabilisés dans une demande de carte de presse, qui est accordée, on le rappelle, à toute personne dont le salaire de journaliste correspondent à plus de 50 % de ses revenus pendant trois mois consécutifs. Précision importante: lorsqu’un média vous commande régulièrement des piges, on considère qu’il s’agit d’une collaboration à durée indéterminée. Cela suppose d’avoir accès aux avantages des salariés (CE, arrêts maladie, mutuelle d’entreprise... ), et surtout interdit à l’employeur de se passer tout à coup de vos services sans indemnités. Ceci est d’autant plus vrai dans le cas d’un volume important de piges. Portage : attention aux commissions ! Depuis quelques années, des sociétés de portage ont vu le jour. Leur activité est simple : elles proposent de servir d’intermédiaires entre les preneurs d’ordre et vous. Elles peuvent être une solution face à un employeur qui souhaite vous payer en facture. La société de portage facture, et vous reverse un salaire, se chargeant des cotisations sociales. Le système est attractif, mais attention : ces sociétés prenant souvent une commission de plus de 10 % pour un simple transfert d’argent. Et surtout, rien ne dit que les bulletins de paye d’une société de portage seront acceptés dans votre dossier de carte de presse. Indépendant : une fausse solution Quand on vous parle d’indépendant, restez sur vos gardes. Les médias sont censés payer un journaliste en salaire. Ils font parfois appel à des indépendants, qu’ils rémunèrent sur facture, ou en droits d’auteur (via l’agessa). Mais cela suppose de perdre la carte de presse, et une protection sociale moins importante. C’est donc à chacun de voir. D’autant qu’une fois le pas franchi, difficile de convaincre un employeur de revenir en arrière. Autoentrepreneur : fortement déconseillé Lancé en 2009, le statut d’autoentrepreneur est alléchant : peu d’administratif, et des prélèvements obligatoires réduits. En pratique, son plafond très limité (3,000 euros bruts par mois) peut vite vous faire basculer vers le travailleur indépendant, avec tous les prélèvements qu’il suppose. Enfin, des doutes existent sur la légalité de ce statut dans le cadre d’une mission pour un média. À éviter ! Honoraires : du travail au noir Utilisée par certaines personnes peu scrupuleuses, la rémunération en honoraires est totalement illégale. Le plus souvent, elle consiste en un paiement direct, sans trace, et surtout sans aucune cotisation sociale. À refuser à tout prix, pour éviter de gros ennuis.
Communications Salaire : la meilleure solution Dans le cadre d’une mission ponctuelle en communication, le plus simple est évidemment d’être rémunéré en salaire. À la différence avec la pige, ici, vous serez payé au temps, et non au volume. Par conséquent, lors de vos négociations, il est conseillé de bien calculer le temps que prendra la mission, en n’oubliant pas que le salaire net correspond à environ 78 % du salaire brut. Sous la forme de mini CDD, ces missions qui vous assurent une protection sociale optimale seront à déclarer lors de votre demande de carte de presse, au titre des « autres revenus » Factures : le grand classique Si elles sont très habituelles pour des communicants indépendants menant leurs propres structures (une solution pas tout le temps idéale), les demandes de paiement en factures créent souvent le doute chez les journalistes. Là encore, si le statut d’indépendant est contraignant car il suppose de fortes charges, celui d’autoentreprneur peut être solution, dans le cas de petites sommes. Mais attention, les plafonds sont tels que l’on peut vite basculer comme travailleur indépendant. Et côté protection sociale, il y a mieux … Honoraires : attention danger Que l’on vous parle de mission « au noir », « en honoraires », « défrayée », c’est pareil : il s’agit d’un paiement illégal, qui ne vous protège en rien et risque à tout moment de vous retomber dessus. Vous êtes prévenus ! Mise à jour le Mardi, 15 Mai 2012 13:29 Devenez lauréat de la Fondation Jean-Luc LagardèreAttribuées depuis 1990, les bourses de la Fondation Jean-Luc Lagardère soutiennent des jeunes professionnels de la culture et des médias de moins de 30 ans (moins de 35 ans pour les libraires et les scénaristes TV) dans la réalisation de leur projet. Paris-Normandie convoité par des anciens patrons du ProgrèsLe plan social est suspendu à Paris-Normandie. Une offre de reprise a été déposée pour Paris-Normandie et ses titres entraînant la suspension du plan social. Une offre émane de Xavier Ellie et de Denis Huertas, deux anciens directeurs en alternance du Dauphiné Libéré et du Progrès de Lyon. Deux autres repreneurs sont pressentis, le groupe Rossel ainsi qu'un ancien dirigeant du Républicain Lorrain. Mise à jour le Mardi, 10 Avril 2012 14:03 Plus d'articles...Page 1 sur 11 ESPACE ADHERENTSRechercher |
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