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Le club de la presse s'indigne du traitement infligé à notre confrère Guillaume Dasquié
 

Mis en examen jeudi 6 décembre au soir pour compromission du secret de la défense, Guillaume Dasquié a confirmé dimanche 9 décembre avoir été menacé de détention provisoire et déclaré qu'il avait fini par donner le nom d'une de ses sources indirectes au cours de sa garde à vue, préservant sa source principale, dans des déclarations au Journal du Dimanche et à France 5.

Avec Reporters sans frontières et l'ensemble de la communauté journalistique nous ne pouvons que dénoncer les méthodes utilisées à l’encontre du journaliste d’investigation Guillaume Dasquié.

"L’irruption de policiers, à l’aube, au domicile d’un journaliste, suivie d’une perquisition de cinq heures et de son placement en garde à vue par le contre-espionnage, sont des procédés abusifs, inédits en France. On ne peut pas faire porter la responsabilité de fuites, au sein des services de renseignements ou d’un cabinet d’instruction, à un journaliste qui divulgue des documents méritant, en l’occurrence, d’être portés à la connaissance du public. Guillaume Dasquié a fait son métier. Il ne doit pas être traité ainsi" a déclaré RSF.

Le 5 décembre à 7 heures, six policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST) se sont présentés au domicile de Guillaume Dasquié, à Paris. Ils ont procédé à une perquisition jusqu’à 13 heures, puis ont conduit le journaliste dans les locaux de leur administration, où il est toujours détenu dans le cadre d’une garde à vue ne pouvant excéder 48 heures. Selon un proche du journaliste interrogé par Reporters sans frontières, les enquêteurs se sont comportés de manière "courtoise et professionnelle".

Au cours de la perquisition, le journaliste aurait été interrogé sur les sources qui lui ont permis de rendre publics des documents liés à l’affaire Borrel, du nom de ce magistrat français assassiné à Djibouti en 1995. Une enquête préliminaire avait été ouverte pour "violation du secret professionnel et du secret de l’instruction" et "recel", le 10 novembre 2006, par le parquet de Paris, contre Geopolitique.com. Le directeur du site, Guillaume Dasquié, avait été interrogé le même jour, pendant deux heures, par la brigade d’enquête des atteintes aux personnes. Un enquêteur l’avait questionné sur l’origine des documents de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) publiés par son site, détaillant "des affaires" dans lesquelles le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, aurait été impliqué avant son accession à la tête de l’Etat et sur sa possible implication dans l’assassinat du magistrat français.

Les enquêteurs se seraient également intéressés à un article publié par Le Monde, le 16 avril 2007, intitulé "11 septembre : les Français en savaient long", citant un rapport "confidentiel-défense" à "usage strictement national" de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), datant des années 2000 et 2001, détaillant l’état des connaissances des services secrets français sur la nébuleuse Al-Qaïda.

Rappelons que l'article 109 du code de procédure pénale prévoit que "tout journaliste, entendu comme témoin sur des informations recueillies dans l'exercice de son activité, est libre de ne pas en révéler l'origine". La Cour européenne a condamné plusieurs fois la France pour non-respect du secret des sources, au nom de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme sur la liberté d'expression.

Voir l'interview de Guillaume Dasquié : http://www.geopolitique.com/defense/france-5-guillaume-dasquie-sur-revu-corrige-567.html


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