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A la Confluence, Le Progrès à l'heure du "Cross-média"
 

C’est le 12 décembre, jour du 148ème anniversaire du Progrès, que la direction du quotidien lyonnais avait choisi pour inaugurer son nouveau siège, à la Confluence, marquant symboliquement l’événement par une mise en lumière du bâtiment en présence de plus de 2 000 personnes issues des mondes politique, économique, culture, sportif et journalistique.


Installé dans un immeuble de 11 000 m2, dont un dixième environ devrait être prochainement sous-loué, le quotidien y cohabite avec sa déclinaison Internet, leprogrès.fr, son gratuit, Lyon Plus, et TLM. La chaîne locale avait d’ailleurs essuyé les plâtres dès la mi-août. Encore basés à Chassieu, où ne restera bientôt plus que l’imprimerie, les services généraux du groupe rejoindront la Confluence courant janvier. Y travailleront alors 450 salariés.

Conçu aux normes environnementales HQE par le cabinet lyonnais Xanadu pour le promoteur Cardinal, l’ensemble se veut « un ilôt architectural entre l’eau et la ville » composé de trois bâtiments reliés par des passerelles.
Il a nécessité un investissement global de près de 25 millions d’euros. Le financement en a été essentiellement assuré par Voies Navigables de France et la Caisse des dépôts, le groupe de presse devant en devenir propriétaire dans un peu plus de onze ans dans le cadre d’un crédit-bail.

Pour Gérard Lignac, président du groupe EBRA (voir ci-dessous), auquel appartiennent Le Progrès et ses médias frères depuis 2006, la réunion des différentes équipes sur un même lieu les fera entrer de plein pied dans « cross-média » en développant leurs synergies. Considérant que Le Progrès s’était un peu endormi dans la torpeur de « l’autosatisfaction », il appelle de ses voeux « un renouveau » et compte en faire « un créateur de cohésion sociale » sur sa zone d’activité, en soulignant que le quotidien doit rester « le tronc principal » d’un ancrage régional du groupe qu’il projette dans les quinze années à venir, annonçant un développement du portage et l’augmentation des pages couleurs.

Dès 2009, Pierre Fanneau, le Directeur général, qui reconnaît que la vieille maison lyonnaise connaît de grandes difficultés financières et un endettement « très important », compte équilibrer ses comptes. Pour 2007, le chiffre d’affaires devrait s’établir à 135 millions d’euros, avec pour la première fois depuis longtemps, une hausse de la publicité locale, et une perte d’exploitation de l'ordre de 10 millions d’euros.

« Nous voulons un journal qui vive avec ses lecteurs, mais les changements, parmi lesquels s’inscrit le nouveau logo, bleu à caractères blancs, seront doux et progressifs », prévient-il, n’excluant pas un changement de format courant 2009.
Raisonnant désormais en termes d’audience globale du groupe, il note que la diffusion a baissé de 1 % en 2007, mais que Le Progrès est lu par plus de 200 000 personnes sur la seule grande agglomération lyonnaise.

Envisageant au conditionnel (pour des raisons légales) la prochaine fermeture de l’imprimerie de Saint-Etienne, il confirme en revanche le maintien de l’effectif rédactionnel (260 professionnels aujourd’hui), souhaitant pourvoir au remplacement des partants par la formation de techniciens au métier de journaliste et par l’appel éventuel à candidatures au sein du groupe EBRA.

EBRA : 1,1 million d’exemplaire


Le groupe Progrès a rejoint en 2006 le groupe EBRA (Est-Bourgogne-Rhône-Alpes), créé autour de L’Est Républicain par les actionnaires de ce dernier réunis par la famille Lignac, qui en contrôlent 51 % du capital, et par le Crédit Mutuel. Sur le tiers est du pays, de Verdun et Strasbourg à Avignon et Gap, EBRA a constitué le premier groupe français de presse quotidienne régionale avec 1,1 million d’exemplaires vendus sur 23 départements via 96 éditions, revendiquant une audience de 3,5 millions de lecteurs. Dans l’ordre décroissant des chiffres d’affaires, EBRA, qui compte 4 375 salariés, dont 1 195 journalistes, contrôle Le Dauphine Libéré, Le Progrès, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est Républicain, Le Journal de Saône-et-Loire, La Liberté de l’Est, Le Bien Public et Le Journal de la Haute-Marne. Par ailleurs, le Crédit Mutuel contrôle seul L’Alsace et Le Républicain Lorrain, non intégrés dans EBRA. L’ensemble couvre approximativement la zone d’activité de la Caisse fédérale du Crédit Mutuel de Strasbourg, dont Michel Lucas, le grand patron, était présent le 12 décembre, tout comme Rémy Weber, président de la Lyonnaise de Banque, entité sud-est du CIC, dont le Crédit Mutuel a pris le contrôle il y a quelques années.


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