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Protection des sources
 



Les syndicats de journalistes sont très inquiets de l'absence de prise en compte de leurs recommandations dans le projet de loi sur la protection du secret des sources.

La position commune, défendue lors des audiences avec les députés, consiste à n’accepter pour dérogation au principe général de protection des sources que le cas très précis de la prévention de crimes passibles d'au moins dix ans de prison, faisant peser un risque sur l'intégrité physique des personnes, et lorsqu’il n’existe aucune autre possibilité d'obtenir les informations.

Le texte qui sera soumis au Parlement mardi prévoit une définition beaucoup moins précise, mentionnant « lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public l'impose"

Au vu du flou de cette formule, toutes les interprétations risque de pouvoir lui être données.

Au delà du principe de protection des sources, reconnu par la loi, il restera possible, dans le cadre d'une perquisition, de saisir les carnets d’adresse et ordinateurs des journalistes. Officiellement, ils devront être placés sous scellés, mais dans la pratique, chacun sait qu’il existe un risque que quelqu'un regarde avant, par dessus l’épaule du juge.

Dans ces conditions, certaines sources n'oseront plus donner leur version des faits. Conséquence : les journalistes ne pourront plus questionner les sources, recouper l’information ni prendre le recul nécessaire pour éviter les dérapages.

Le fonctionnaire d'un ministère, le conseiller municipal ou le policier qui accepte de signaler anonymement des affaires de délinquance politico-financière dont il est témoin risquera dorénavant de se taire par crainte de représailles du pouvoir s'il sait qu'il peut être identifié par la levée du secret des sources.

Les dérogations prévues dans ce texte sapent sa portée et les fondements de la démocratie : faute de sources d’information fiables, vérifiables, questionnables, les journalistes seront exposés à toute sorte de dérapages et n’auront plus les moyens de distinguer les « fuites » savamment organisées par les pouvoirs publics ou privés des informations fiables.

Encore une fois, les syndicats signataires demandent aux parlementaires de définir plus précisément les circonstances dans lesquelles pourra être levé le secret des sources.

Si vous souhaitez contacter les trois syndicats signataires :
SNJ-CGT 01 48 18 81 78
USJ-CFDT 06 07 61 64 89 ou 06 12 77 73 81
SJ-CFTC 01 44 52 49 10
www.intersj.fr

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