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20 minutes est sorti le 26 février des presses d’IGPM à Saint-Etienne avec un léger temps d’avance sur Lyon Plus, le gratuit du Progrès. Les deux titres se sont marqués à la culotte durant ce mois de février pour sortir au plus vite et profiter de la campagne électorale comme rampe de lancement.
Fabrice Arfi et Frédéric Crouzet ont quitté leurs titres respectifs pour tenter l’aventure des gratuits. Une aventure séduisante pour nos deux rédacteurs qui voient en 20 minutes « un vrai journal d’information avec de la gueule ». « S’il s’agissait de faire de la compilation de dépêches d’agences je ne serais pas là » lance Frédéric avant de préciser : « on a juste la maquette à respecter, pour le reste on a quartier libre » ! Voilà qui est tentant. En attendant, c’est dans le plus grand secret qu’ils ont concocté chaque jour les pages lyonnaises (des numéros zéro) du quotidien 20 minutes avec quatre pigistes permanents qui ont fait leurs classes à Lyon Capitale. La pagination, variable en fonction de la publicité, leur permet de réaliser entre trois et quatre pages d’actualité et deux d’information service. Seul, le sport ne sera pas traité à Lyon.
Attaque et contre-attaque
Pendant ce temps, à Chassieu, on rode les nouvelles rotatives avec le quotidien gratuit du Progrès, Lyon Plus, dans un format qui correspond à la moitié du Figaro. Chantal Danon, qui dirigeait le service des informations générales du quotidien payant, a pris les rênes du gratuit, aidée par cinq journalistes, issus eux aussi, du Progrès, pour confectionner ce quotidien de 24 pages, tout en quadri, distribué à 80 000 exemplaires. C’est Eric Berthod, directeur délégué du Progrès, qui a piloté ce projet pour couper l’herbe sous le pied aux deux autres gratuits. La Provence (filiale de Hachette) avait montré la voie en lançant Marseille Plus le jour de l’arrivée de Métro dans la cité phocéenne. Le jeu en vaut la chandelle car depuis La Provence n’a perdu qu’un pour cent de ses ventes. Dès lors la riposte des principaux groupes de presse payante s’organise. Ce n’est pas un hasard si, à Marseille (Hachette), à Lyon et à Lille (Socpresse), les titres des gratuits « faits maison » se terminent tous par plus ! Un accord sur le nom qui préfigurait un accord lié à une régie publicitaire commune. Pour Eric Berthod, le calcul est simple : « Il faut compenser le manque à gagner de la vente au numéro par de la publicité et donc avoir recours à deux types d’annonceurs : les locaux et les nationaux ».
Cependant le récent retrait du groupe Amaury (Le Parisien, L’Equipe, Aujourd’hui en France) de ce projet risque de peser lourd… Car c’est l’ensemble du marché parisien qui s’envole. Toujours est-il que les discussions se poursuivent pour trouver un terrain d’entente ou au pire un accord forcé.
En face, les deux groupes scandinaves ne font pas mystère de leur appétit en province. Métro France (détenu par Métro international) a fait entrer dans son capital TF1 à hauteur de 34,3 % pour financer son développement et à terme proposer aux annonceurs un double support à base de télé et de presse écrite… Cette stratégie a inspiré 20 minutes propriété à part égale du groupe norvégien Schibsted (50%) et de Spir Communication et SofiOuest (filiale de Ouest France) qui négocie, via son nouveau président Pierre-Jean Bozo, avec le groupe M6.
En tout cas, la concurrence va créer une émulation entre les rédactions lyonnaises. Cependant, si les annonceurs restent toujours à l’affût de nouveaux supports, le marché publicitaire n’est pas, lui, extensible. Il va y avoir du sport !
Serge Tonioni
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