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Dans la famille Hersant, je voudrais...
Voilà bientôt trente ans que la famille Dassault convoite le Figaro de la famille Hersant. C’est finalement Serge Dassault qui prendra le contrôle de la Socpresse et de ses soixante-dix titres. Le voilà donc à la tête du deuxième groupe de presse français présent dans la presse nationale (Le Figaro, Paris-Turf), régionale (Le Progrès, Le Dauphiné, La Voix du Nord) et magazine (Le Fig mag, Madame Figaro, l’Express, l’Expansion, La vie Financière). Cette acquisition prévisible a commencé en 2002 quand l’industriel a récupéré 30% du capital en injectant près de 460 millions d’euros. L’année suivante, il prête à la Socpresse 230 millions d’euros pour acquérir le groupe l’Express - l’Expansion, détenu par Vivendi. Un prêt qui arrive aujourd’hui à échéance et que la Socpresse ne peut pas rembourser.
Parmi les héritiers d’Hersant, seul Philippe marche sur les traces de son père. Mais il est aujourd’hui à la tête de France-Antilles (le pôle rentable du groupe) et s’est s’endetté pour acquérir la Comareg (numéro deux de la presse gratuite en France) en déboursant135 millions d’euros. Dès lors, il ne manquerait plus à Serge Dassault que 18 % des parts. A savoir, les 13% de la principale actionnaire Aude, petite fille de Robert Hersant, étudiante de 23 ans qui vit en Californie et les 5 % conjointement détenus par une partie de la famille Hersant et quelques personnes du management, dont Yves de Chaisemartin. Seules ces personnes pourraient tenir tête à Dassault, mais pour des raisons diverses, qu’elles soient fiscales ou politiques, elles ne devraient faire jouer leur droit de préemption. Une fois le feu vert des autorités de Bruxelles, la prise de contrôle par Serge Dassault devrait donc être effective au mois de juin.
Reste à savoir maintenant ce qui intéresse véritablement l’industriel.
« Dans la famille Hersant, je voudrais... Le Figaro et L’Express voire L’Expansion ». Ca c’est sûr. Mais qu’en est-il des autres titres moins prestigieux et surtout déficitaires ?
Lors de sa venue au Progrès à Chassieu le 17 mars dernier, Yves de Chaisemartin a tenté de répondre à cette question délicate. Il a précisé que « l’arrivée du nouvel actionnaire principal fait entrer le groupe dans une logique strictement industrielle et financière » En clair, la Socpresse ne peut plus se permettre de perdre de l’argent et de conserver des entreprises structurellement déficitaires. Il rappela au passage la perte de 11 millions d’euros du pôle Rhône-Alpes en 2003 et les prévisions identiques pour l’année en cours. Pour lui, l’avenir de la Socpresse passe par un axe Lille-Paris-Lyon-Grenoble, un axe privilégié qui permettrait d’ancrer le pôle Rhône-Alpes dans la
Socpresse à condition toutefois de le rentabiliser. L’actionnaire majoritaire en serait convaincu. Toujours est-il que la venue de «Chaise» à Lyon n’a pas franchement rassuré les troupes d’autant qu’Arnaud Lagardère déclarait, pratiquement en même temps, vouloir se développer et qu’il était notamment intéressé par les quotidiens régionaux de la Socpresse que le groupe Dassault pourrait mettre en vente.
En attendant dans les titres rhônalpins du groupe, on se prépare aux négociations qui vont commencer et certains calculent déjà leurs indemnités de départ liées à la clause de cession.
S.T.
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