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Archives fin 2005 - avril 2006 - Florence Aubenas, Hussein Hanoun Al-Saadi, Guy-André Kieffer, Fred Nérac et tous les journalistes disparus ou otages
 

Guy-André Kieffer : deux ans d'absence
(12/04/2006)
Deux ans après son enlèvement le 16 avril 2004 à Abidjan, nous sommes toujours sans nouvelles du journaliste économique Guy-André Kieffer.

En février dernier, les juges Emmanuelle Ducos et Patrick Ramaël ont effectué un sixième voyage en Côte d'Ivoire.

La famille du journaliste a été reçue deux fois au Quai d'Orsay, pour une séance de travail avec l'équipe du Colonel Patrick Dutartre le 31 mars et par le ministre Douste- Blazy le 11 avril. Plusieurs éléments nouveaux sont venus étoffer le dossier.

A l'occasion de ces deux ans d'absence, plusieurs médias reviennent sur l'affaire GAK. C'est le cas de Libération, du Progrès et de l'Etudiant congolais http://www.planeteafrique.com/acorem/index.asp?affiche=Accueil.asp



Enlèvement de Guy-André Kieffer : un capitaine de l'armée ivoirienne mis en examen et écroué en France
(01/02/2006)
Dans une déclaration commune, Reporters sans frontières et l'épouse de Guy-André Kieffer, Osange Silou-Kieffer, font part de leur espoir face à une avancée déterminante dans l'enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien, le 16 avril 2004 à Abidjan. Suite à de nombreuses incohérences dans ses dépositions, Jean-Tony Oulaï, un capitaine de l'armée ivoirienne affirmant avoir fait partie des services spéciaux, a été arrêté, mis en examen et écroué en France. Des éléments concordants laissent penser qu'il a pu être le chef du commando qui a kidnappé et fait disparaître Guy-André Kieffer.

Par ailleurs, les juges Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos doivent se rendre en Côte d'Ivoire le 4 février pour une mission d'une semaine, en vertu d'une cinquième commission rogatoire internationale.
« A l'évidence, l'enquête avance. Les interrogatoires de Jean-Tony Oulaï vont pouvoir se dérouler dans un climat serein, loin de la pression qui s'exerce sur les témoins restés en Côte d'Ivoire. Si le travail des juges Ramaël et Ducos n'est pas une fois de plus entravé, nous avons bon espoir de connaître bientôt la vérité. C'est dans cet esprit que nous appelons le gouvernement ivoirien à accepter le transfert en France de Michel Legré dès que possible », ont déclaré Reporters sans frontières et Osange Silou-Kieffer.

Arrêté le 11 janvier 2006 en banlieue parisienne, Jean-Tony Oulaï a été mis en examen pour « enlèvement » et « séquestration », le 13 janvier, dans l'affaire de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer instruite par les juges d'instruction Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos. Après que l'avocat de Jean-Tony Oulaï eut interjeté appel de sa mise en détention provisoire, la quatrième chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a finalement confirmé son maintien à la prison de la Santé, à Paris, le 26 janvier.

Accusé par deux membres de sa garde rapprochée, en mai 2004, d'avoir supervisé l'enlèvement de Guy-André Kieffer, le capitaine Oulaï nie avoir été présent à Abidjan ce jour-là. Or, les relevés de son téléphone portable prouvent le contraire. Lors d'un interrogatoire, le 13 janvier 2006, il a finalement reconnu s'être trouvé à Abidjan, affirmant que les policiers avaient « mal résumé » ses premières déclarations, mais nie avoir participé à l'enlèvement. De son côté, les deux témoins qui l'ont accusé d'avoir supervisé l'opération se sont rétractés, prétendant avoir voulu faire « une plaisanterie ».

Par ailleurs, le prix « Jeune talent » du 17e concours de plaidoirie du Mémorial de Caen a été attribué, le 8 février 2006, à l'avocat togolais Benoît Kossi Afangbedji, dont le sujet était : « L'affaire Guy-André Kieffer, preuve de la violation de la liberté d'expression et de la presse en Côte d'Ivoire ». Le jury présidé par la cantatrice Barbara Hendricks a inscrit le dossier de Guy-André Kieffer parmi les trois dossiers qui bénéficieront d'un suivi du Mémorial de Caen. Kossi Afangbedji a émis le souhait de rejoindre le collectif de défense, portant à 11 le nombre des avocats saisis du dossier.

Rappel des faits

Guy-André Kieffer, journaliste indépendant basé à Abidjan, a disparu depuis le vendredi 16 avril 2004. Il a été vu pour la dernière fois vers 13 heures dans un centre commercial de la capitale. Il a travaillé pour le quotidien économique français La Tribune, de 1984 au début de l'année 2002. Installé à Abidjan depuis cette date, Guy-André Kieffer travaillait comme journaliste indépendant, et collaborait à La lettre du Continent et plusieurs journaux ivoiriens.

Michel Legré, beau-frère de Mme Simone Gbagbo et dernière personne à avoir vu Guy-André Kieffer avant sa disparition, a été mis en examen le 21 octobre 2004 par le juge Patrick Ramaël pour « enlèvement et séquestration ». Le 13 décembre de la même année, le juge a demandé sa remise temporaire pour deux mois. Cette mesure a pour objectif de permettre à la justice d'interroger en France le ressortissant ivoirien, détenu à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA) pendant un an et demi, avant d'être finalement mis en liberté provisoire, en octobre 2005. Les autorités ivoiriennes n'ont pas encore donné suite à cette demande.



Affaires Nérac Kieffer : le communiqué des familles
(05/12/2005)
La conférence de presse qui s’est déroulée vendredi 2 décembre au Club de la presse de Lyon, en présence :

- des parents de Guy-André KIEFFER (GAK) et des parents de Fred NERAC
- de l’épouse de GAK (Osange), de ses frères Bernard et Eric,
- de l’avocate de la famille KIEFFER, Me Chantal HOUNKPATIN
- du responsable Afrique de Reporters sans frontières, Léonard VINCENT,

(Florence AUBENAS ayant demandée à être excusée, du fait du procès d’Outreau),

a permis aux familles concernées :

- de remercier le Comité de soutien et RSF qui se mobilisent depuis plusieurs mois sur ces deux affaires,
- de remercier la Ville de Lyon, qui a lancé une importante campagne d’affichage, et la société DECAUX qui s’y associe,

et de faire un point complet sur l’avancement de ces deux affaires.

1/ Les parents de Fred NERAC ont donné lecture du message transmis par Fabienne, l’épouse de Fred NERAC et ont indiqué que les autorités anglaises et américaines ont communiqué au Quai d’Orsay les résultats des enquêtes ainsi que des images et des photos. Ce sont ces documents qui ont conduit le Quai d’Orsay à affirmer que Fred NERAC « serait » décédé au cours d’une fusillade entre Irakiens et Américains.

La famille NERAC estime que, même s’il ne reste qu’une infime chance que Fred soit encore vivant, cette chance ne doit pas être laissée pour compte tant que l’on n’aura pas la preuve définitive de son décès. Elle a rappelé qu’aucun enquêteur français ne s’est rendu sur place depuis la disparition de Fred NERAC, tout en rendant cependant hommage aux efforts faits par le Quai d’Orsay pour découvrir la vérité.

2/ La famille de Guy-André KIEFFER a, d’abord rappelé qui est GAK : un journaliste épris de justice et désireux d’aller enquêter sur le terrain, appelé en Côte d’Ivoire en 2000 pour contribuer à la réorganisation de la filière cacao en Côte d’Ivoire. Lorsque cette mission a tourné court, GAK est resté sur place, pour enquêter sur l’argent du cacao, le financement de l’armement, les transferts de fonds occultes entre la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau, etc.

Il a été enlevé à Abidjan le 16 avril 2004. Malgré la détermination des juges français, Patrick RAMAEL et Emmanuelle DUCOS, nul ne sait à ce jour ce qu’il est devenu. Le principal suspect, Michel LEGRE (beau-frère de l’épouse du président GBAGBO) a été remis en liberté provisoire fin octobre 2005.

Diverses informations, plus ou moins crédibles, sur le sort de GAK sont remontées vers la famille depuis la « lettre ouverte aux Ivoiriens » qu’elle a publiée en septembre dernier. La famille de GAK ne dispose actuellement d’aucune possibilité de vérifier ces informations sur place.

Certains de ces informateurs affirment que GAK aurait été exécuté. Le dernier en date affirme qu’il aurait été transféré par la présidence ivoirienne en Guinée-Bissau où il serait détenu.
Léonard VINCENT (RSF) a invité la presse française à peser de tout son poids sur les affaires KIEFFER et NERAC en demandant à tous ceux qui se mobilisent « de devenir un problème pour ceux qui bloquent ces affaires ». « Il faut faire sauter les blocages politiques par la mobilisation », a-t-il ajouté.

Bernard KIEFFER a dénoncé la « langue de bois » du Quai d’Orsay et de l’Elysée qui, dans l’affaire GAK, se réfugient désormais systématiquement derrière la procédure judiciaire en cours pour justifier leur non intervention. Cette attitude ne répond en rien à l’attente de la famille qui constate que cette enquête bute de puis plusieurs mois contre le mur de silence instauré par la présidence ivoirienne. Sans intervention politique forte de la diplomatie française, l’affaire KIEFFER n’avancera pas.

Me Chantal HOUNKPATIN a évoqué la raison d’Etat(s) qui entrave la manifestation de la vérité, alors même qu’avec l’enlèvement de GAK, c’est un « passeur de vérité » qui a disparu.
Elle a évoqué également la constitution d’un collectif de 14 avocats sur le dossier GAK, décidé à faire reculer cette « raison d’Etat(s) ».

Il faut, a-t-elle ajouté que « pour les pouvoirs publics français, ne rien faire soit un problème plus grand encore qu’intervenir ».

Pour finir, Jacques KIEFFER, père de GAK, a souligné que son fils a sans doute payé très cher le fait d’avoir eu raison trop tôt. Il faisait ainsi référence à un récent rapport de l’ONU, sur les malversations qui affectent profondément la filière cacao, rapport dont les conclusions collent très précisément à celles que GAK développait dans ses propres écrits.

Les parents de Fred NERAC et de Guy-André KIEFFER ont souligné combien de telles situations sont difficiles à vivre pour les proches, en particulier pour les enfants et les épouses des deux journalistes concernés.

Contact-presse sur Lyon : Bernard KIEFFER 06 80 53 73 21 ou bkieffer@tele2.fr



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