Accueil > Articles > L'affaire Guy-André Kieffer pourrait rebondir  
 
L'affaire Guy-André Kieffer pourrait rebondir
 

(octobre 2006)
Prudent et visiblement affecté, Bernard Kieffer, le frère de Guy-André, journaliste enlevé en Côte d'Ivoire à Abidjan, le 16 avril 2004, précise d'emblée : «Il faut encore utiliser le conditionnel dans cette affaire».
A la demande de Patrick Ramaël, le juge chargé de l'enquête, Bernard Kieffer s'est rendu en Côte d'Ivoire cet été afin d'éclaircir le mystère qui entoure la disparition de GAK. Selon un témoin capital, pas moins de 17 personnes auraient participé à l'enlèvement de notre confrère sur le parking du supermarché Prima, le jour où il avait rendez-vous avec le beau-frère de Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien.
Ce jour-là GAK aurait été enlevé puis conduit dans la demeure de Jean-Tony Oulaï où, un peu comme dans l'affaire Ben Barka, on lui aurait offert un cocktail avant de le délocaliser et de lui faire subir des interrogatoires musclés durant deux jours, puis de l'exécuter et l'inhumer le 18 avril. Le lendemain ou le surlendemain, son corps aurait été transporté dans un autre lieu resté inconnu pour le moment...
Pour le juge, il s'agissait de trouver des témoignages concordants. Pas facile de localiser les membres de ce commando qui portent des noms aussi sympathiques que « scorpion », « requin » ou « cobra » et n'ont pas d'adresse précise. En conséquence et faute d’appui des autorités ivoiriennes, Bernard Kieffer et le juge Ramaël n'ont pu rencontrer aucun des ravisseurs dont certains font pourtant partie aujourd'hui de l'armée régulière ivoirienne. L'autre priorité du juge était de retrouver le corps de GAK Mais cela n'a pas été possible non plus. Difficile dans ces conditions, pour la justice française, de faire avancer l'enquête et pour la famille de faire enfin son deuil.
Personnage clef, Jean-Tony Oulaï qui vit désormais en France, a été mis en examen le 13 janvier dernier pour « enlèvement et séquestration ». ¨Placé en détention, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et a nié sur TF1, le mois dernier, toute implication dans cette affaire.
Par ailleurs, sur le fond de l'histoire, on pourrait en savoir un peu plus bientôt. En effet, une consœur canadienne, Carol OFF, publie ce mois-ci chez Random House un livre sur la filière cacao en Côte d'Ivoire (« Bitter chocolate… ») dédié à Guy-André auquel deux chapitres de son livre sont consacrés.
Bernard Kieffer ne lâche rien et échange quotidiennement, notamment, avec une universitaire de Toulouse, géopolitologue et spécialiste du continent africain, qui l’aide à démêler l?inextricable écheveau de l’affaire GAK avec la complicité de plusieurs confrères qui suivent également le dossier de très près.
Bernard en est venu aujourd’hui à identifier quelques pistes essentielles qui auraient pu conduire à l’élimination de son frère : «Derrière ces pistes, il y a des commanditaires, soit ivoiriens, soit franco-ivoiriens» précise-t-il.
Ces réflexions portent toutes sur le fond du dossier : pourquoi a-t-on éliminé GAK ? quel est le dossier qui a causé sa perte ? quels intérêts majeurs a-t-il dérangé ?

Retour rubrique : Articles




Rechercher sur le site :
  
Réalisation
@ Studio Kaléidoscope
 

   Accueil > Articles > L'affaire Guy-André Kieffer pourrait rebondir


© 2002 - Club de la Presse de Lyon