| |
(23/11/2006)
Un speed pige dating, quelle idée ! Et si c’était le moyen de rassembler en un même lieu des journalistes pigistes qui travaillent d’ordinaire seuls ? Barbara Pasquier et Bruno Crozat, eux-mêmes pigistes et membres de l’association Profession Pigiste, en ont fait le pari.
La première rencontre du genre a eu lieu le 21 novembre dernier, dans les locaux du Club de la presse de Lyon, en présence de son délégué général Serge Tonioni. Sur le modèle des speed dating classiques, ou rencontres express, les douze journalistes présents ont ainsi pu apprendre à se connaître grâce à plusieurs tête-à-tête de huit minutes. Pendant ce laps de temps, ils partagent leurs expériences, parlent des sujets et domaines du journalisme qui les intéressent, évoquent leur parcours scolaire, se trouvant parfois des points communs.
Beaucoup de chemins mènent à la pige : l’une des pigistes a étudié la biologie, d’autres le tourisme ou encore l’informatique, avant de se reconvertir.
Le métier de pigiste passé au crible
Le face-à-face est également le moyen d’échanger des idées, de poser des problèmes voire de trouver des solutions en profitant de l’expérience des uns et des autres. Ainsi, les pigistes apprennent l’existence de formations, de stages possibles. Lors de ces mini-entrevues, les questions d’ordre pratique fusent. On s’interroge sur les cartes de presse, le montant du salaire, les charges à déduire, le statut des pigistes. Les questions plutôt techniques ne manquent pas non plus : « comment savoir quand une photo est de qualité ? », se demande par exemple une des pigistes. Les pigistes se donnent aussi des conseils : « Il faut se spécialiser », recommande l'une d'entre eux à une autre pigiste. « Opter pour la flexibilité », suggère-t-elle, quelques minutes plus tard, à une autre pigiste.
Au cours de ce « speed pige dating », les difficultés du métier de pigiste sont largement évoquées, les problèmes pour trouver du travail, le fait que les piges soient si irrégulières notamment. Notons d’ailleurs que les différents participants osent répondre, sans craindre de perdre leurs piges au profit de leur interlocuteur d’un jour. Ces échanges reposent sur la confiance et tous respectent la règle. 
Ces rencontres offrent aussi aux pigistes la possibilité de confier ce qu’ils ressentent. « Je ne me sens pas au point », avoue l’une d’entre eux, pendant qu’une autre se dit « débordée ».
Travailler chez soi, ce que le métier de pigiste implique souvent, semble être durement vécu par beaucoup des pigistes présents ce jour. L’une regrette de « ne jamais sortir, ne jamais rencontrer de monde ». Elle souhaiterait « pouvoir être davantage sur le terrain et faire partie de la vie ». « Pourquoi alors ne pas créer de bureaux rassemblant des pigistes ? », propose-t-elle.
Un sentiment d’isolement
Le phénomène de l’isolement, inhérent au métier de pigiste, est ce qui revient le plus dans les conversations. La solitude s’avère être un véritable problème. Barbara Pasquier explique à plusieurs reprises qu’elle aimerait « qu’il y ait plus de liens entre les pigistes afin que chacun ait le sentiment d’être soutenu et surtout de ne plus être seul ». Ils ont pu constater que le Club était également structuré pour les accueillir avec un accès internet wifi et des ordinateurs à disposition.
Il n’y a pas de doute, les pigistes ont apprécié ce « speed pige dating », source de belles perspectives : leur isolement peut être atténué grâce à l’organisation de telles rencontres. De plus, ils connaissent désormais un cercle de gens avec qui échanger des idées sur la profession et partager leurs soucis quotidiens.
Une nouvelle réunion est déjà prévue.
|

|
|
Retour rubrique : Articles
|