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Rencontre au « Petit Jour »
 

C’est au bout d’un chemin de terre, dans une maison plutôt retirée du Point du Jour, que vit Bernard Gelin. Depuis 1999, il préside l’Association des Amis des Journaux et Publications (AJOUREP) qui a pour objectif de rassembler des amateurs intéressés par l’histoire rédactionnelle et technique de la presse écrite. L’association, qui regroupe des collectionneurs de titres, édite le trimestriel « Petit Jour ».
Bernard Gelin, retraité, n’était pas journaliste : il a travaillé dans l’administration de l’Education nationale. Collectionneur de journaux depuis une cinquantaine d’années, il a « pris la tête de l’association et de la rédaction du « Petit Jour », après le décès du président fondateur de l’AJOUREP, Marc Saunier, sans y avoir vraiment pensé auparavant ». « C’était un concours de circonstances », se rappelle-t-il.

Des difficultés pour l’association

Aujourd’hui l’association regroupe une soixantaine d’adhérents (dont l’historien Pierre Albert, notamment), « malheureusement trop dispersés géographiquement pour pouvoir envisager de se réunir », comme le regrette Bernard Gelin. Et là n’est pas le seul problème que rencontre l’association. Bernard Gelin constate en effet que son travail déclenche peu de réactions : « certes, il y a de temps en temps des témoignages de personnes manifestant leur intérêt pour la presse, mais ils ne sont que trop rares ». Un peu découragé, il pense parfois arrêter. « Solliciter constamment les gens, sans avoir de réponses, est fatigant ». « Les associations étrangères sur l’histoire de la presse écrite, remarque-t-il, ont désormais fermé ou ne font que vivoter ».
Le fait que les adhérents se consacrent, pour la plupart, uniquement à une période précise de la presse constitue une difficulté supplémentaire : ils voudraient que le « Petit Jour » ne traite que des années qui les intéressent. Bernard Gelin, au contraire, a décidé « de parler de toutes les époques ». Par ailleurs, « beaucoup de membres de l’association n’adhèrent que pour trouver des documents avant de partir », raconte Bernard Gelin. Les adhérents eux-mêmes ne souhaitent donc pas forcément participer à la vie de l’association. Elle est, pour certains, seulement un moyen.

La presse quotidienne à l’honneur

Bernard Gelin, lui, veut faire partager sa passion pour l’histoire de la presse et plus particulièrement de la presse quotidienne nationale, en France ou à l’étranger. « J’aime observer les différentes formules des journaux, les différentes maquettes, les logos, bref toutes sortes de changements… ». Dans sa collection, on trouve des numéros que la Bibliothèque Nationale de France n’a pas répertoriés. « Face à ce constat, on comprend tout le poids et l’importance des collections privées ». L’âge d’or de la presse quotidienne correspond indéniablement à la fin du XIXème siècle – début Xxème, où il y a une réelle profusion de quotidiens (plus d’une centaine à Paris !). « Etudier cette période est donc impressionnant ». « Ce qui est toujours intéressant, poursuit Bernard Gelin, c’est de lire la presse des périodes de troubles ». La Guerre d’Espagne est pour lui « la période sûrement la plus terrifiante pour toute la presse ».
La collection de Bernard Gelin est essentiellement constituée de quotidiens français et étrangers de toutes les époques. Cet homme, qui lit « Libération », s’intéresse aussi bien à la presse ancienne qu’actuelle mais il pense cependant que « la presse a été beaucoup plus vivante par le passé ».
Il n’est pas hostile aux journaux gratuits, même s’ils représentent, pour lui, une menace pour la presse payante, et reconnaît la qualité de certains d’entre eux : « seul problème : leur absence durant les mois d’été, ce qui prive les lecteurs d’un suivi complet de l’actualité ».
En aucun cas fataliste ou encore passéiste, Bernard Gelin vit avec son temps et utilise l’internet, qui est pour lui une grande source de documentation. Il imagine que les évolutions technologiques permettront à la presse de se renouveler. D’ailleurs, de nouveaux supports font déjà leur apparition. Le journal électronique portable et actualisé est en marche. Bernard Gelin reste convaincu de la force de la presse : « Personne ne peut douter de la variété de ce qu’a été et est la presse ». Elle a donc les moyens de rebondir pour mieux repartir.

Pour en savoir plus sur l'AJOUREP :
tél : 04 78 25 13 87
http://indicible.ca/ajourep/
mél : ajourep69@aol.com



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