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Changement de cap à Lyon Cap
 

Le tabloïd à la fois hebdomadaire gratuit et payant fait place à un copieux mensuel de 150 pages vendu 3 euros. Un changement radical qui mérite quelques explications. Retour sur une aventure collective mouvementée.
Lancé en 1994 par quatre jeunes journalistes, le journal des esprits libres se positionne clairement comme un véritable contre-pouvoir alliant fraîcheur, dynamisme et une certaine naïveté qui faisait son charme. Il est repris trois ans plus tard par Le Progrès. Xavier Ellie. alors à la tête du quotidien, permet à l’équipe et au journal de rester indépendants. En 2005, Le Progrès cède ses parts à Evolem, une société intégralement détenue par Bruno Rousset. L’hebdomadaire frôle le dépôt de bilan en janvier 2006.Tous ces bouleversements ont raison de la bonne entente de l’équipe et créent des fractures au sein même du journal qui aura par ailleurs formé de nombreux journalistes. Xavier Ellie réapparaît et reprend en son nom le périodique au Tribunal de commerce. Cela permet de réintégrer deux des quatre fondateurs de Lyon Capitale, Jean-Olivier Arfeuillère et Philippe Chaslot évincés par la précédente direction. Réhabilités, ils décideront de quitter le journal et la profession un peu plus tard.

Tentative de gratuit
Affaibli par son histoire, l’hebdomadaire tente de trouver ses marques sur un marché publicitaire saturé. Outre la publication d’un trimestriel offert aux abonnés, et un site en pleine expansion, c’est surtout en se positionnant sur le terrain des gratuits, que Lyon Capitale essaie en vain de se démarquer. Outre la parution payante du mardi, le journal est diffusé gratuitement chaque jeudi. Déséquilibré, il ne tiendra pas longtemps et est à nouveau repris à la barre du Tribunal par Christian Latouche, le Pdg de Fiducial. Eric Berthot cède son fauteuil de directeur de publication à un proche de Christian Latouche, Didier Maïsto. qui opte, si l’on en croit son édito, pour un journalisme à l’antithèse du « prêchi-prêcha ». Le nouveau Lyon Cap fait d’ailleurs la part belle aux enquêtes et au photojournalisme. Dans la foulée, Anne-Caroline Jambaud-Corlin, une des fondatrices du journal quitte la rédaction en désaccord avec la nouvelle direction. Des quatre actionnaires du départ, il ne reste plus que Chiêu An Thai, alias Mathieu.

Positionnement frontal
Aujourd’hui et après quatre mois d’absence des kiosques lyonnais, ce n’est certainement pas un hasard si Lyon Capitale a choisi de se positionner frontalement face à Lyon Mag, l’autre mensuel dont Christian Latouche détient la majorité des parts. A Lyon Mag, la rédaction attend le résultat des recours déposés contre celui qu’elle surnomme« La mouche » - c’est aussi le titre du dernier ouvrage de Philippe Brunet-Lecomte consacré à l’affaire – avant d’envisager la possibilité de se saborder et de créer un nouveau magazine. Le climat n’est pas à la sérénité.
S.T.

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