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Lettre ouverte au président Nicolas Sarkosy
Monsieur le Président,
Le 16 avril prochain marquera le cinquième anniversaire de l’enlèvement du journaliste français Guy-André Kieffer à Abidjan en Côte d’Ivoire.
Vous avez bien voulu recevoir sa famille le 22 août 2007 et vous lui avez fait un certain nombre de promesses qui ont été en partie tenues, ce dont nous vous remercions. Mais, nous n’avons plus la certitude que ce dossier soit encore une priorité pour la France, comme vous nous l’avez indiqué lors de cet entretien.
En effet, malgré le travail exemplaire effectué par les juges français en charge de cette affaire, son instruction se heurte à d’innombrables obstacles, compte tenu des personnalités ivoiriennes citées dans le dossier.
Monsieur le Président, vous portez plus que jamais nos espoirs de connaître la vérité sur le sort de Guy-André Kieffer. Vous avez démontré votre capacité à intervenir positivement dans les plus délicats dossiers internationaux : celui-ci ne pourra se résoudre qu’avec un accompagnement politique fort de votre part.
Aussi, nous vous demandons, à l’aube de ce triste anniversaire, de replacer ce dossier parmi vos priorités en intervenant auprès des autorités ivoiriennes pour qu’elles mettent tout en œuvre pour faire enfin émerger la vérité. Un signe fort de leur bonne volonté consisterait à satisfaire l’une des principales requêtes de l’ensemble des parties civiles : la mise à la disposition de la justice française, du principal témoin, Monsieur Michel Legré.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance
de notre haute considération.
Canelle et Sébastien KIEFFER, les enfants de Guy-André Kieffer
Jean-François JULLIARD, Secrétaire général de Reporters sans
frontières
Aline RICHARD, Comité Vérité pour Guy-André Kieffer
Firmine RICHARD, Association des originaires d’Outre-Mer pour Guy- André Kieffer
Françoise LOEILLET, Comité breton de soutien à Guy-André Kieffer
Ambroise PIERRE Bureau Afrique de Reporters sans frontières
Web : www.rsf.org
Avant la conférence de presse, nous vous proposons un rapide point sur ces deux affaires :
Concernant lʼaffaire KIEFFER :
Le travail acharné du juge dʼinstruction Patrick RAMAEL, envers et contre tous les obstacles qui se dressent devant lui, a permis de réunir de nombreux éléments dʼinformation sur les commanditaires et les exécutants présumés de lʼélimination du journaliste «GAK».
Pourquoi, comment et par qui a-t-il été éliminé ? Où en est-on dans lʼinstruction de ce crime dʼEtat(s), au moment où les deux juges dʼinstruction français sʼapprêtent à repartir sur place pour entendre la Première dame de Côte dʼIvoire ainsi que le ministre dʼEtat Paul Bohoun BOUABRE, tous deux régulièrement suspectés dans cette affaire ?
Pourquoi cette attitude trouble et ambiguë des autorités françaises depuis le début de lʼaffaire ? Pourquoi ne connaît-on encore pas la vérité ? Qui sʼy oppose ?
Où en est-on dans cette affaire sur laquelle pèsent lourdement « lʼomerta » et la raison dʼEtat(s) ?
Concernant lʼaffaire BORREL :
Après avoir pendant plusieurs années soutenu sans preuve la version officielle du suicide de Bernard BORREL, magistrat français détaché par le ministère de la Coopération auprès du Ministre de la Justice djiboutien, l'Etat français a été contraint par les preuves matérielles résultant des dernières expertises médico-légales, de reconnaître le 19/06/2007, qu'il s'agissait d'une affaire criminelle.
Compte tenu des preuves figurant au dossier et pouvant permettre de confondre les auteurs ou complices des faits, l'instruction se poursuit en dépit d'obstacles constants et exceptionnels. La saisine de la Cour Internationale de LA HAYE -pour faire condamner la France à donner la copie du dossier criminel aux autorités djiboutiennes pour contourner le refus du juge d'instruction-, certains documents récemment saisis dans le cadre d'une autre procédure pénale et le maintien des relations entre les deux Etats en dépit de la reconnaissance par Monsieur SARKOZY de l'assassinat , permettent de s'interroger sur les objectifs communs de
Messieurs Ismaël Omar GUELLEH et Jacques CHIRAC , au-delà de la seule nécessité de poursuivre des relations diplomatiques .
Pour en savoir plus :
http://www.guyandrekieffer.org/
comitesoutienborrel@free.fr
Contacts-presse :
Bernard KIEFFER, à Lyon : 06 80 53 73 21 bernard.kieffer2@sfr.fr
Elisabeth BORREL : 06 76 74 43 54 elisabeth.borrel@justice.fr
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