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Pour marquer ce triste 5ème anniversaire de la disparition de notre confrère Guy-André Kieffer, le Comité de soutien lyonnais aux journalistes otages ou disparus avait invité Bernard Nicolas pour faire le point sur les assassinats du juge Bernard Borrel et du journaliste GAK.. Bernard Nicolas qui a collaboré à TF1 est aujourd’hui indépendant et produit des enquêtes diffusées sur Canal. Deux d’entre elles concernent directement la « Françafrique » : il s’agit des affaires Borrel (“Un juge assassiné”) et Kieffer (" Guy-André Kieffer : un journaliste qui dérangeait ".
Deux affaires qui présentent des similitudes et dont les familles continuent de s’interroger fermement avec Bernard Nicolas sur l’intérêt de la France à les occulter.
Rappel des faits : Il y a treize ans, alors qu’il enquêtait sur le président de Djibouti, le juge français Bernard Borrel est retrouvé mort dans ce pays. Pour la France, il s’agit officiellement d’un suicide. Notre consœur Brigitte Vital-Durand, ancienne trésorière du club, enquête sur cette affaire et émet des doutes quant au suicide du juge. Elle sera alors convoquée à l'Elysée pour se voir signifier qu’elle faisait fausse route et qu'il s'agissait bien d'un suicide.
C’est seulement douze ans plus tard, grâce au combat de sa veuve, Élisabeth Borrel, qui a toujours lutté pour qu'on brise ce silence, que l’assassinat est enfin reconnu par la justice. Et depuis la mort de son mari, elle est convaincue qu'on se sert de l'Afrique pour faire ce que l'on ne peut pas faire en France.
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Le journaliste économique Guy André Kieffer disparait en Côte d’Ivoire le 16 avril 2004. C’était un expert de la filière café-cacao. Ses articles tant en Côte d’Ivoire qu’en France gênent de plus en plus, jusqu’à provoquer des menaces qui finiront par aboutir à sa disparition. "Toutes les indications que nous avons laissent à penser qu'il a été exécuté deux jours après son enlèvement" précise son frère Bernard.
« Ces deux affaires ont essuyé des charges brutales et mensongères » déclare Bernard Nicolas. GAK et Bernard Borrel ont été victimes de calomnies avant d’invoquer à leur égard une pseudo raison d'Etat pour minimiser voire annihiler ces deux dossiers.
"Raison de plus pour enfoncer les portes et découvrir quels sont les intérêts particuliers qui ont poussé à la disparition de Guy-André" insiste Bernard Nicolas. Le Comité de soutien lyonnais ne lâchera pas prise et fera tout pour que l'on puisse un jour connaître la vérité.
En attendant, on le sait, il faut faire du bruit, du bruit noble, sous forme de notes, c'est pourquoi nous allons organiser un nouveau concert classique cette fois-ci qui aura lieu le 3 octobre pour lutter contre ce silence assourdissant derrière lequel se profile la raison d’Etats. Puisse le poids des notes anéantir le choc du silence.
Serge Tonioni
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