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Fallait-il à l’issue de ce premier tour des élections présidentielles s’autoflageller comme le souhaitait un certain nombre d’éditorialistes de la presse écrite qui n’hésitait pas à désigner leurs confrères de la télévision au risque d’engendrer une fracture médiatique ? Est-ce la faute aux médias qui en accordant trop de place à l’émotion, aux sentiments de peur ont surfé sur la vague sécuritaire entraînant du même coup ce raz-de-marée qui a secoué l’ensemble des rédactions le 21 avril ?
Certes, les journaux télévisés touchent chaque soir 20 millions de personnes qui n’ont bien souvent que le petit écran pour se forger une opinion. Mais jusqu’à présent aucun institut de sondage ne dispose d’outil pouvant mesurer l’impact des médias sur l’opinion publique. A contrario, nous pouvons avancer avec certitude que les médias reflètent toujours l’état de l’opinion.
Pour le SNJ, syndicat national des journalistes, les choses sont entendues : « Nul journaliste en France ne peut s’exonérer d’une part de responsabilité dans le résultat de ce premier tour ». Et le syndicat d’inviter chaque journaliste à « s’opposer à l’information spectacle et à la focalisation sur l’écume de l’actualité ».
Intéressant aussi, l’engagement de la presse régionale, qui à l’instar des quotidiens nationaux, a pris pour une fois position entre les deux tours d’une élection présidentielle. Il faut dire qu’entre la République et son contraire, la presse de la France « du bas » ne risquait pas de se couper de la moitié de son lectorat.
Bernard Bienvenu, président de la PHR et patron de « La voix de l’Ain », qui a signé un éditorial contre le Front National, s’interroge après coup : « Nous avons à rappeler les valeurs forces. Mais avons-nous à dicter ses choix au lecteur, comme au début du XX° siècle où chacun achetait le journal de son camp ? »
Pour prolonger le débat, le Club de la presse a choisi d’initier deux rencontres pour réfléchir sur le rôle des médias dans le traitement des problèmes de l’insécurité, la pression hiérarchique, l’influence des sources, le poids des images et de l’émotion… Et le traitement des faits divers.
Serge Tonioni
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