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Archives 2002 - Le Comité National pour le Développement de l'Information :
 

Signe des temps, le journal de BBC one a basculé en seconde partie de soirée. Si Outre-Manche, l’info ne fait plus recette à 20 heures, en revanche les documentaires, plus crédibles, reviennent en force. Par ailleurs, Françoise Roy, rédactrice en chef du journal de la nuit à France 2 déclarait, dans la dernière livraison du magazine Technikart : « Si on réfléchissait sur ce qui est de la véritable info dans un JT, on n’aurait pas fini de rigoler. Comment voulez-vous traiter de ce qui se passe en Côte d’Ivoire en un module de 25 secondes ? C’est une plaisanterie… »
La crédibilité des médias est toujours en cause. Plus proche de nous, Euronews, la chaîne d’information basée à Ecully, a disparu en analogique de la programmation de NC Numéricable sur son secteur historique. La chaîne Régions lâchée par ses investisseurs privés est plus que menacée. Coté presse écrite, ça ne va guère mieux : Le Progrès, à l’instar des autres quotidiens, tente d’enrayer la chute de son lectorat et investit dans de nouvelles rotatives pour redresser la barre.
Une récente étude démontre qu’aujourd’hui, on ignore à peu près tout des connaissances du public et de son intérêt pour les éléments qui constituent l’actualité. Selon notre confrère Bertrand Labasse (*), en matière économique, les dernières données sérieuses qui traitent de ce sujet datent de 30 ans !
Les professionnels de l’information ne disposent d’aucune réflexion collective sur leurs outils, leur méthode, leur audience et même leur lectorat. Nous utilisons des recettes, comme les « vu-lu » par exemple, mais qui n’apportent rien d’un point de vue cognitif. Tout se passe comme si, sur les travaux de la société de l’information, on avait oublié ce qu’est vraiment l’information et les défis qu’elle rencontre. Il est grand temps que les médias se dotent d’outils pour mieux informer. C’est en ce sens que la création du Comité national pour le développement de l’information, (CNDI) visant à étudier les perspectives de la recherche technique en journalisme afin de mieux répondre aux besoins de la profession et de la collectivité dans ce domaine, a une valeur historique. Ce Comité, initié par la mission prospective du Grand Lyon et animé par Bertrand Labasse pourrait bien être basé entre Rhône et Saône. C’est une chance pour Lyon et pour un secteur en manque de repère.
Contrairement aux travaux effectués par Jean-Marie Charron, l’auteur de « Carte de presse » et l’ancien pilote de l’observatoire des médias, cette démarche originale n’est pas une réflexion morale, elle est empreinte de méthodologie et de professionnalité et s’inscrit dans « une dynamique de l’insignifiance », titre de l’ouvrage paru aux presses de l’Enssib qui comprend les différentes études de Bertrand Labasse.
En rassemblant les diverses communautés, qui composent la profession, ce Comité va pouvoir recueillir de précieuses données pour rendre compte d’un monde de plus en plus complexe dans un climat de suspicion et de concurrence de plus en plus âpre.
Quand les éditeurs cesseront-ils, par exemple, de prendre les journalistes pour les convoyeurs de l’information ? On se contente aujourd’hui souvent d’être les ambulanciers alors que l’on devrait être les experts, les médecins de l’information. Pour ce faire, il faudra investir dans la matière grise journalistique. C’est le prix à payer pour une information de qualité !

Serge Tonioni
(*)cf. interview de Bertrand Labasse

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