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Le 28 novembre 2008, le journaliste Vittorio de Filippis, ancien directeur de publication de Libération et actuel directeur du développement, a été l’objet d’une interpellation musclée vendredi à l’aube, à son domicile. Il a été emmené dans un centre de détention et soumis à des fouilles au corps avant d’être présenté à un juge du tribunal de grande instance de Paris.
La raison de ses méthodes humiliantes ? La responsabilité de Vittorio de Filippis est engagée dans le cadre d’une plainte en diffamation du fondateur du fournisseur d’accès Internet Free, Xavier Niel.
Alors que les Etats Généraux de la presse écrite sont entrain de se dérouler et que la situation de la liberté de la presse en France se dégrade, le Club de la presse de Lyon et l'ensemble de la profession rappellent que de telles pratiques sont intolérables.
Depuis plusieurs années la situation de la liberté de la presse se dégrade en France, ce dont témoigne la 35e place occupée par l’Hexagone dans le dernier classement mondial de RSF. "La France détient le triste record européen du nombre de convocations judiciaires, mises en examen et placements en garde à vue de journalistes", explique l’organisation.www.rsf.org
Le récit des conditions de cette interpellation a provoqué la stupeur au sein du journal Libération, qui consacre une page à cette affaire dans son édition de samedi 29 novembre. "C'est une attaque de la maréchaussée à l'aube, fouille au corps et enfermement temporaire. Tout ça pour quoi ? Pour un procès en diffamation dans lequel nous avons déjà obtenu gain de cause à deux reprises", écrit Laurent Joffrin, PDG de Libération.
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