Accueil > Dossiers > Chambardement dans le pôle rhônalpin du groupe Hersant (janvier 2002)  
 
Chambardement dans le pôle rhônalpin du groupe Hersant (janvier 2002)
 

Le Figaro Rhône-Alpes disparaît, Lyon-Figaro réduit à sa portion congrue

Comme d’habitude en pareil cas, les décisions néfastes concernant la presse régionale se prennent à Paris. Ce fut le cas déjà lors de la fermeture de Lyon-Libération, de l’Humanité Rhône-Alpes et du Monde Rhône-Alpes. Le Figaro Rhône-Alpes n’échappe pas à la règle. La disparition de l’ensemble des magazines régionaux touche huit salariés dont la responsable du bureau de Lyon. Les commerciaux sont également licenciés et les pigistes réguliers, laissés pour compte dans cette histoire, n’ont officiellement rien reçu.
Après le troisième comité d’entreprise extraordinaire de l’Agence générale de presse et d’information (AGPI) on en sait un peu plus sur le sort du quotidien Lyon-Figaro et de ses 27 salariés (dont 25 journalistes). Le titre, créé le 1er septembre 1986 sous la houlette d’Alain Bulher, aujourd’hui décédé, ne disparaîtra pas comme on pouvait le craindre. Cependant le quotidien sera ramené à sa plus simple expression avec une pagination rédactionnelle réduite. Lyon-Figaro ne doit son salut qu’au couplage publicitaire avec Le Progrès, mais la réduction à la portion congrue du journal le condamne à un appauvrissement rédactionnel. Frappé au cœur, le quotidien aura, de toute façon, beaucoup de mal à s’en remettre.
En attendant, les témoignages de soutien affluent par centaine à la rédaction de Lyon-Figaro. Gérard Collomb lors de l’ouverture du Conseil municipal a fait une déclaration préalable, comme Anne-Marie Comparini lors de la cession budgétaire du Conseil régional.

Nous publions ci-dessous quelques unes des réactions du monde politique.

Gérard Collomb,
Sénateur-Maire de Lyon


Nous avons appris avec grand regret que le Figaro Rhône-Alpes ne paraîtrait plus, et que des restructurations allaient être annoncées pour Lyon-Figaro.
Nos pensées vont en premier lieu à l’équipe de journalistes dont le professionnalisme est reconnu par tous.
Nous savons tous que les temps sont difficiles pour la presse écrite, que les annonceurs préfèrent souvent d’autres médias. Mais la pluralité des titres de presse dans une ville comme la nôtre est indispensable au débat d’idées.
Elle sait se faire l’écho de l’activité de notre cité, mais aussi des préoccupations ou des inquiétudes de nos concitoyens.
C’est notre devoir d’élu que de réaffirmer notre attachement à cette presse locale, de la soutenir, tout en respectant son indépendance.
C’est ce que nous faisons ici.
Si vous l’acceptez, je me ferai l’interprète du Conseil Municipal auprès de la Direction du Figaro pour défendre l’intérêt des éditions Rhône-Alpes.





Jean-Paul Bret
Député-maire de Villeurbanne


J’ai appris les graves difficultés qui pesaient sur Lyon-Figaro, la réduction envisagée de la pagination, la vraisemblable compression des effectifs, c’est une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Pour les salariés dont l’emploi est menacé, pour les lecteurs dont je suis, pour la presse lyonnaise qui s’étiole. Si notre agglomération compte plusieurs médias, - nous avons vu fleurir quelques mensuels au cours de ces dernières années - les quotidiens sont de moins en moins nombreux . Il est loin le temps où Le Progrès, Lyon Matin, Lyon Figaro, Lyon Libération, le Monde Rhône-Alpes dépêchaient chacun un journaliste aux conférences de presse et où nous consultions cinq quotidiens le lendemain matin, quel dommage ...
Le responsable politique que je suis ne peut que déplorer cette situation. Le pluralisme de la presse est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie.../...
En homme de gauche, il m’arrive bien sûr de ne pas être d’accord avec tel ou tel point, de trouver même quelquefois que la droite est un peu sur représentée mais aussi d’apprécier la qualité, le talent et la rigueur des journalistes. Ce qui compte finalement, c’est l’éclairage apporté, l’ouverture sur les autres, le débat permanent. Je vous assure de mon total soutien.

Raymond Barre,
Député


J’ai été informé des mesures éventuelles qui concerneraient Lyon Figaro. Comme ancien Maire de Lyon et Député du Rhône, je me permets de témoigner en faveur de ce journal et de son équipe de journalistes qui ont joué un rôle très important dans l’information de Lyon et de sa région.
Le rayonnement de la ville de Lyon dépend pour une bonne part d’une presse vigoureuse et dynamique. C’est la raison pour laquelle je vous adresse ce message.

Maurice Charrier,
Maire de Vaulx-en Velin


Je viens d’apprendre par le journal « Le Monde » daté du 15 décembre 2001 votre intention de cesser la publication de « Lyon Figaro » . Je suis choqué par cette décision pour trois raisons :
La première, est l’hypocrisie qui consisterait à illusionner les lecteurs par la production et la diffusion d’un sous-ersatz de « Lyon Figaro », sans moyens journalistiques, confiées au Groupe Delaroche SA (« Le Progrès » et le « Dauphiné Libéré ») alors que de l’avis de tous les professionnels, le maintien d’un tel titre « croupion » n’a qu’un objectif, permettre au « Progrès » un couplage publicitaire bien juteux.
La deuxième, est que toute opinion politique confondue, « Lyon Figaro » est une référence journalistique dans l’agglomération lyonnaise depuis 1986, par la clarté et la rigueur de la ligne directionnelle, par la qualité de l’information et les analyses fouillées de chacun des articles, par la qualité de la « plume », l’éthique et la déontologie d’une équipe de journalistes de talent.
La troisième, est qu’une fois de plus, je suis obligé de constater que la presse quotidienne, quand elle doit faire des choix au profit de ses actionnaires, le fait toujours en faveur du national, au détriment des régions, en l’occurrence la deuxième de France.
Au moment où la classe politique, la société civile et les citoyens de la France sont unanimes sur les besoins de décentralisation et de proximité, les économies des grands groupes se font toujours en faveur de l’échelon centralisateur.

Retour rubrique : Dossiers

Chambardement dans le pôle rhônalpin du groupe Hersant (janvier 2002)
  • Le Figaro Rhône-Alpes disparaît, Lyon-Figaro réduit à sa portion congrue




    Rechercher sur le site :
      
    Réalisation
    @ Studio Kaléidoscope
     

       Accueil > Dossiers > Chambardement dans le pôle rhônalpin du groupe Hersant (janvier 2002)


    © 2002 - Club de la Presse de Lyon