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Le comité de soutien à Denis Robert lance un appel aux journalistes
 


Voici le communiqué du comité de soutien :

"En 2006, nous étions une dizaine de potes à nous dire :
Ce qui arrive à Denis est incroyable et inadmissible !
Nous étions alors en pleine guerre entre Sarkozy et de Villepin, le livre de Denis Robert sur l'affaire Clearstream venait d'être interdit à la vente dans un silence assourdissant. Il nous est alors apparu que si nous l'abandonnions à la tourmente médiatique et à ses tracas judiciaires il allait se faire laminer.
Depuis, le Comité de soutien que nous avons créé en novembre 2006 a :

1- Créé son blog : www.lesoutien.blogspot.com
2- Communiqué autant que possible sur les ennuis qui s'accumulent sur Denis Robert.
3- Vendu sur Internet des Tee shirts, des dessins originaux offerts par des amis, des bouquins, du vin... (sa cuvée spéciale - voir sur le blog...)
4- Organisé des concerts (1 000 personnes à la Cigale) des forums, des conférences de presse, envoyé des communiqués...
Le comité a récolté près de 40 000 euros dont les trois quarts ont déjà été dépensés en frais d'avocats et en amendes.

Cela permet de donner un peu d'oxygène à Denis mais aussi de mieux résister face aux 28 procédures au pénal et au civil toujours en cours contre lui en France, en Belgique et au Luxembourg, émanant principalement de Clearstream et du groupe Fortis via sa filiale la Banque générale du Luxembourg.
Malgré tout l'avenir reste sombre avec sa mise en examen à Paris pour recel de vol et d'abus de confiance et son passage imminent en correctionnel pour injures et diffamation à Luxembourg où l'on cherche vraiment à lui faire payer son attitude...
Denis Robert n'est pas seul. Il a des amis de tous bords, de tout milieu. Le mouvement qui s'est créé autour de son cas le dépasse, nous dépasse aussi bien sûr. Notre blog a déjà reçu plus de 40 000 visiteurs. Près de 1000 personnes nous ont écrit et envoyé de l'argent.

Une chose pourtant nous manque :
Un soutien franc, massif et protecteur de la communauté journalistique dans son ensemble.

Denis n'a peut-être plus de carte de presse depuis son départ de Libération en juillet 1995, mais comment ne pas convenir que ses livres et ses films, en produisant une information sourcée et originale, nous ont aidé à mieux comprendre le monde caché de l'hyper finance ?
Nous pensons que le soutenir revient pour tout journaliste, tout écrivain ou éditeur à se protéger lui-même de ce qui pourrait arriver très vite à d'autres...
Qui est à l'abri d'une mise en examen ou de plaintes à répétition dès qu'un sujet sensible est abordé ou qu'une puissance financière est mise en cause ?
Voilà pourquoi nous interpellons aujourd'hui l'ensemble des journalistes quel que soit leur domaine d'activité.
Soutenir Denis Robert, c'est organiser un cordon sanitaire autour de ceux dont le métier est d'informer et montrer que les journalistes savent aussi se mobiliser et résister aux pressions qui s'intensifient pour contrôler l'information.

Envoyez-nous une photo de votre carte de presse que nous mettrons en ligne sur notre blog :
http://jesoutiens.blogspot.com

Ou une photocopie à ce numéro de fax :
03 83 28 11 89
Faites circuler ce communiqué à l'ensemble de vos amis confrères et consoeurs, journalistes français et étrangers.
Les écrivains qui n'auraient pas de carte de presse mais qui se sentiraient concernés peuvent nous faire parvenir
une copie de leur carte professionnelle type SACD.

Dans l'attente, merci...

Le comité de Soutien à Denis Robert
Rémi MalinGrëy au 06 86 59 46 10


Petit rappel de ce que nous avions publié l'an dernier




Il s'est passé le 27 janvier 2006 un événement important rapporté ici ou là par une brève d'agence : l'inculpation de Denis Robert par la justice luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation.

Pour comprendre l'enjeu de cet acte, il faut faire un peu d'histoire.

En 1996, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l'Appel de Genève en faveur d'un espace judicaire européen. Dans la foulée, de nombreux témoins de la criminalité en col blanc entrent en contact avec le journaliste. L'un d'eux, Ernest Backes, est un ancien dirigeant de la chambre de compensation Clearstream, un des points névralgiques des échanges financiers mondiaux. Ernest Backes a été l'un des architectes de ce système informatique tentaculaire. Viré, humilié, il a décidé de livrer ses secrets. Pendant deux ans, au prix d'incessants allers et retours au Luxembourg, Denis Robert mène l'enquête. On lui donne des rendez-vous secrets ; les bouches s'ouvrent. Un ancien responsable informatique de la firme, Régis Hempel, explique qu'une partie de ses activités auraient consisté à effacer les traces de transactions sensibles. Denis Robert frappe à la porte des banquiers, posant des questions naïves et d'autres un peu moins. Trois mois avant la publication de son livre, il envoie une série de lettres recommandées de plusieurs pages, demandant des explications à la direction de Clearstream et aux banques mises en cause. Très peu lui répondent.

En février 2001, Denis Robert sort son livre, Révélation$ et diffuse son film Les dissimulateurs dans le cadre de 90 MINUTES, l'émission d'enquête de CANAL+. C'est la tempête. Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres hésitent car Clearstream menace de procès en cascade. A contre-courant, la mission parlementaire Peillon/Montebourg se saisit de l'affaire et convoque les témoins. De peur que l'affaire se propage à l'étranger, une information judicaire est ouverte en catastrophe au Luxembourg. Toute la direction de la firme est mise à pied et Clearstream est racheté par un groupe allemand. Un mois plus tard, le procureur du Luxembourg claironne que tout est réglé et qu'il n'y a rien à chercher. De cette tragi-comédie, Denis Robert tire un second récit, plus personnel, La boîte noire. Et un second film, toujours diffusé par CANAL+, L'affaire Clearstream.

Fin du premier acte et début du marathon judiciaire. Les plaintes pleuvent en France, en Belgique, en Suisse, et même au Canada. Déposées par Clearstream mais aussi par la banque russe Menatep et la Banque Générale du Luxembourg. L'auteur reçoit les huissiers à la file. L'éditeur fait ses comptes : les demandes de dommages et intérêts dépassent son chiffre d'affaires annuel. Le service juridique de CANAL+ se lance dans de coûteux procès. Parfois David gagne contre Goliath. Au fil des mois, les relaxes se succèdent en première instance et en appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procédures pendantes, toutes les deux en appel : l'une après un jugement favorable à Clearstream (un euro symbolique), l'autre défavorable à la firme (relaxe de Denis Robert). L'affaire semble close, malgré une troublante excroissance, durant l'été 2004, lorsqu'un corbeau affole les milieux de la défense et de la politique avec des listings truqués de Clearstream où apparaissent des élus et des responsables industriels et médiatique.

L'histoire de Denis Robert devient effrayante lorsque, cinq ans après la parution de Révélation$, le journaliste est subitement convoqué par la Justice luxembourgeoise pour être inculpé pour des faits (en l'occurrence des accusations contre la Banque Générale du Luxembourg) pour lesquels il a déjà été poursuivi en France et pour lesquels il a gagné ses procès en première instance et en appel. Ces procédures n'ayant pas eu l'effet escompté, les juges du Grand-Duché ont accepté de se prêter à une man¦uvre peu honorable. Denis Robert risque une peine de prison, agrémentée de frais d'avocat et une amende aux proportions luxembourgeoises. Par une ironie du destin c'est justement l'espace judicaire européen qu'il a contribué à établir avec l'Appel de Genève qui permet aujourd'hui à la justice luxembourgeoise d'essayer d'écraser un auteur ayant publié un livre en France.

Dans cette affaire, le Luxembourg - dont le ministre de la Justice est aussi... ministre du Trésor et du Budget - vient de commettre le pas de trop, en affichant sa partialité. Les citoyens européens peuvent soutenir Denis Robert en signant une pétition (disponible sur le site des Arènes ou de Liberté d'Informer). Pétition qui sera adressée à la Justice de ce pays qui fait tant pour dégoûter les démocrates de croire en l'Europe. En transformant l'affaire Robert en affaire Frieden (le fameux ministre luxembourgeois de la Justice, du Trésor et du Budget), chaque signature sera un acte civique qui protège la liberté de la presse en Europe.

En poursuivant Denis Robert les autorités luxembourgeoises ne veulent pas seulement protéger Clearstream qui affiche une santé insolente. Ils cherchent à intimider tous ceux qui, à l'avenir, voudront savoir comment fonctionne le système financier et la toile d'araignée des paradis fiscaux. En cela, le Luxembourg a vraiment prononcé l'inculpation de trop

Laurent Beccaria, directeur des Arènes
Franck Eskenazi, directeur de The Factory
Paul Moreira, responsable de 90 MINUTES sur CANAL+

TEXTE DE LA PETITION

Nous citoyens européens soutenons Denis Robert et condamnons l'acharnement des autorités judicaires luxembourgeoises, à son encontre. La liberté de penser et d'écrire est une valeur européenne fondamentale qui prime sur les intérêts bancaires du Grand-Duché. ("Soutien à Denis Robert" dans l'objet + Nom, Prénom, Qualité, Nationalité)

Déjà plus de 2.600 signataires depuis le 3 février 2006

Pour signer la pétition pour soutenir Denis Robert, rendez vous sur le site www.liberte-dinformer.info/

Message de Denis Robert, le 11 février 2006

" Je suis convoqué prochainement devant mes amis luxembourgeois. Je vous tiendrai au courant via ce site. Vous dire aussi que nous avons des difficultés à faire publier ce texte et vos signatures dans un journal quotidien ou un hebdo.

Si à Libération, au Monde, au Nouvel Observateur, au Point, à L'Express, à Marianne, au Figaro, au Parisien, aux Inrocks ou ailleurs quelqu'un lit ce message qu'il sache qu'on est preneur d'une double page. Voire plus...

De la même manière, on réfléchit beaucoup avant de m'inviter sur un plateau télé ou de radio pour parler de cette affaire, de mes livres et de nos révélations. La mécanique des procès à répétition atteint pleinement son but. Les services juridiques hésitent et généralement renoncent dès qu'il s'agit de Clearstream et des banques. Ce que je peux dire à propos des comptes non publiés ou des dissimulations orchestrées, n'est pas diffamatoire (jetez un oeil au jugement sur le site de l'éditeur: cliquez ici Les Arènes), mais les frais de procédure, compte tenu des attaques systématiques de la multinationale et des banques complices, coûtent. Et même en cas de victoire (de qui m'arrive presque toujours), les honoraires d'avocats, d'huissiers ou d'avoués ne sont jamais remboursés. La loi est ainsi (mal) faite.

Les affaires peuvent ainsi continuer à plein régime du côté de Luxembourg City. La censure économique joue à fond...
Unique solution: résistez et contre-attaquez...
Grâce à vous, on se sent moins seul. Je me sens moins seul.
Merci à tous de ces soutiens, de ces messages, de ces signatures qui nous encouragent à continuer.
Amicalement et à bientôt ".

Denis Robert, le 11 février 2006

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