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(27 mars 2006)
Lancée le 1er septembre 1986, par Alain Bulher aujourd’hui décédé, l’édition lyonnaise du Figaro pourrait bien ne pas souffler ses 20 bougies. Ce coup de froid, qui intervient en ce début de printemps, après l’affaire Lyon-Capitale, plonge un peu plus la presse lyonnaise dans la tourmente. Donné à plusieurs reprise comme moribond par la rumeur, « Lyon-Figaro », devenu récemment « le Figaro-Lyon » a poursuivi sa vie rédactionnelle en présentant chaque jour une synthèse de l’actualité lyonnaise et les points forts de la région. A l’ombre du Progrès de Lyon, le quotidien a appris à faire de la résistance intelligente. Avec une rédaction composée de douze personnes (huit CDI, un contrat de qualification et trois pigistes) il réalise une édition généraliste de qualité, certes dans une formule moins ambitieuse qu’à ses débuts, mais qui a le mérite d’être vendue à 12 000 exemplaires sur Lyon. C’est dire si sa disparition provoquerait un véritable appauvrissement au sein de la ville.
Le rachat du groupe Socpresse et du Figaro par Serge Dassault a changé la donne. Après avoir revendu la Socpresse, l’avionneur souhaite se séparer aujourd’hui de la branche lyonnaise du Figaro au nom de la rentabilité.
La rédaction, qui en vu d’autres, n’a pas encore accusé le choc. Cependant elle a du mal à digérer le comportement du patron du Progrès, Christian Coustal, lequel en suspendant les couplages publicitaires entre les deux quotidiens, signait l’arrêt de mort du Figaro-Lyon. Ce quotidien devenu par le jeu des rachats successifs un concurrent du Progrès devient embarrassant. Et le patron du Progrès se doit logiquement de préserver les intérêts de l’Est Républicain.
Cette logique financière implacable qui gagne aujourd’hui l’ensemble de la presse pourrait malheureusement conduire le Figaro-Lyon à sa perte, garrotté par les restructurations.
Certes, à court terme, ce calcul cynique permettrait à la concurrence de récupérer les lecteurs de l’édition lyonnaise du Figaro mais à plus long terme c’est bien l’information qui devrait en pâtir.
Le Figaro-Lyon est un rouage important du pluralisme de la presse locale, c’est même le garant de son assainissement et de sa vitalité.
Après le Comité d'entreprise du jeudi 23 mars, nos confrères sont toujours dans l'incertitude, aucune décision n'ayant été annoncée officiellement.
Un Comité d'entreprise extraordinaire devrait être
convoqué la première semaine d'avril.
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