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Libération dans la tourmente, objet du premier café-média
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Libération dans la tourmente, objet du premier café-média |
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(25/10/2006)
Les Cafés médias, initiés par les Ateliers de la Citoyenneté, en partenariat avec le Club de la Presse et l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon, ont repris lundi 23 octobre. Ce rendez-vous, qui a réuni une centaine de personnes, a été l'occasion de faire non seulement le point sur la crise que traverse la presse et plus particulièrement le quotidien Libération, mais aussi d'imaginer des solutions. Le rédacteur en chef, Denis Delbecq, qui préside la Société civile des personnels de Libération (SCPL), ainsi que Olivier Bertrand, correspondant du titre à Lyon, ont pu, au cours de cette discussion animée par le délégué général du Club de la presse Serge Tonioni, exposer clairement la situation du journal.
Certes, Libération a connu de nombreuses crises, mais celle-ci est sans précédent : elle pourrait mettre en danger, si ce n'est l'existence même du quotidien, son identité. En somme, ce qui fait la particularité du journal : son indépendance collective (des annonceurs mais aussi des journalistes individuellement) et son attachement aux valeurs de gauche, comme le rappelle Denis Delbecq.
Avec 30 millions d'euros d'endettement et déjà 13 millions supplémentaires pour cette année, le journal, qui est entré dans une procédure de sauvegarde, a normalement un délai de 6 mois pour s'en sortir. Le temps presse.
Les bouleversements subis par le journal (avec notamment l'entrée de Édouard de Rothschild en 2005 dans le capital, puis, le départ de Serge July l’année suivante) ne pourraient qu’empirer si les solutions de Édouard de Rothschild étaient adoptées, soulignent les journalistes de Libération qui ont fait leur choix. L’actionnaire majoritaire préconise en effet un changement fort sur la gouvernance, une indépendance réduite et met l'accent sur la rentabilité. Edwy Plenel apporterait, quant à lui, une vision plus éditoriale, s'opposant à la filialisation du web et voulant éviter autant de licenciements (son projet : une refondation du quotidien et un développement nouveau avec le multimédia). Il tirerait parti de la petite structure de Libération pour être plus réactif. A cela s'ajouterait un retour aux fondamentaux (l'actualité), quand de plus en plus de journaux deviennent des magazines ajoute Olivier Bertrand qui prône pour un Libération qui affiche sa différence avec des enquêtes « maison » qui ne soient pas exclusivement parisiennes : « Il s'agit de garder toujours en mémoire que Libé est bien un quotidien national et en aucun cas un journal parisien. Il est donc important d'avoir des journalistes basés hors de la capitale ».
Pour répondre à la question « qui pour remplacer July » il imagine quelqu'un d’expérimenté mais aussi capable d’apporter un nouveau souffle au quotidien.
Une info différente et plus approfondie
« Pour combattre la prolifération d’informations, il faut se donner les moyens de la traiter de manière différente et plus approfondie et réinvestir les photos comme objet journalistique » préconise Denis Delbecq pointant, par ailleurs, du doigt une des difficultés de Libé : à savoir, la distance qu'il existe entre la base et l'équipe dirigeante, mentionnant ces jeunes journalistes qui voient en la crise, l'opportunité de recréer un Libé à la hiérarchie plus resserrée. Comme s'exclame notre confrère Denis Bernadet, représentant les ateliers de la citoyenneté, « la crise serait donc l'occasion de se remettre en question et de pouvoir réfléchir sur les contenus, les différents problèmes ». Une démarche qui ne peut aboutir qu'en consultant les lecteurs. Pour comprendre leur désertion, savoir pourquoi, par exemple, une femme, qui lit Libé depuis 1973, a récemment trouvé ce journal ennuyeux. C’est la question fondamentale, reprise par Jean-François Têtu, de l’IEP, quelles sont aujourd’hui les valeurs communes partagées par les lecteurs et les journalistes de Libé ?
Ces chers lecteurs constituent aujourd’hui un soutien aussi précieux qu'indéniable. Ils sont près de 3000 à avoir adhéré à la société des lecteurs de Libération créée il y a quelques semaines. L'heure est à la mobilisation, comme l'a expliqué Sylvie Perret(*), chargée de l'antenne lyonnaise de la société des lecteurs de Libération, lors de ce premier café-média de la saison.
(*) Pour contacter l'antenne lyonnaise de la Société des lecteurs de Libé : soleil@wanadoo.fr
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