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A quand un cluster...
 



Baisse des lectorats, de la diffusion, des rentrées pub. Disparition de certains titres. Fragilisation de la plupart. Et donc changements de mains, de capital, même des titres les plus prestigieux ou de ceux qu’on croyait les plus enracinés et les plus à l’abri. Et bien sûr, long cortège de réduction de pagination, de diffusion, et donc de plans sociaux et de licenciements : La presse quotidienne vit l’enfer. Et pas qu’elle. Regardez un instant l’état de la presse lyonnaise, seconde ou troisième agglo de l’Hexagone. A part « Le Progrès », et deux/trois titres nationaux qui entretiennent encore un poste de correspondant, que reste-t-il de la grande éclosion des années 80 ?
A ce sujet, il ne semble pas qu’à Lyon ou en Rhône Alpes on ait saisi la portée exacte de cette réduction : on le sait, une ville ou une région qui ne bénéficie plus d’une réelle couverture médiatique à l’échelle nationale ou internationale, hors le foot, n’existe tout simplement plus sur les scènes en question.
Seuls semblent tirer leur épingle de ce mauvais jeu, la presse sportive et les gratuits. Mais là non plus, on l’a vu, rien n’est acquis.
Bref, la presse va mal et avec elle, de multiples professions qui vivent avec elle, par elle et souvent pour elle.
Or le paradoxe saute aux yeux : Jamais on n’a autant lu, vu, entendu, écouter, informé qu’aujourd’hui. A-t-on noté, il y a quelques jours, cette petite info venue de Chine ? Le gouvernement chinois – ou l’un de ses relais - voulait déguiser en accident malheureux le lynchage, dans une prison du pays, d’un jeune homme par ses codétenus.
Suite page 2

(Suite de la page une) Ce sont les internautes qui, s’emparant de la chose, ont su contraindre le pouvoir chinois à reconnaître effectivement l’assassinat. De quoi nous convaincre qu’il n’est plus une parcelle de terrain de notre bonne vieille Terre où l’on peut perpétrer la barbarie en toute impunité.
Mais, est-ce à dire que la presse « papier » est aujourd’hui devenue obsolète ? Et qu’en dépit de la floraison de gratuits, les journaux commencent à se demander s’ils ne devraient pas tirer un trait sur les éditions « papier » pour se consacrer au seul journal électronique. Certains, rares, viennent de sauter le pas.
Face à cette évolution brutale et en marge des Etats Généraux qui viennent de se tenir, le Club de la Presse de Lyon, réfléchit, avec d’autres, aux actions à mettre en œuvre pour sauver ce qui peut l’être et pour négocier les bons virages. Tout cela n’a rien d’anodin : chaque titre qui disparaît ou qui réduit drastiquement sa pagination et ses équipes rédactionnelles, c’est un peu plus de démocratie intelligente qui disparaît. De ce côté, quoi qu’on en dise, l’internet ne nous a pas encore complètement rassuré.
Pour s’adapter à cette évolution, la tâche est immense : il s’agit de trouver non seulement les modèles industriels de diffusion de demain mais aussi d’édifier les garde-fous éthiques nécessaires à cette presse sans entraves. A l’heure où l’on évoque en abondance les clusters et autres pôles de compétitivité, pourquoi Lyon et Rhône Alpes n’essaieraient-elles pas de regrouper les talents, les forces et les intentions de chacun pour constituer un modèle original et prometteur de développement des médias d’aujourd’hui et de demain.
Jean-Claude Pennec

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