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Franco-américaine, Giselle Delsol a connu cinq éditeurs en 15 ans et occupé différents postes, comme chef de publicité ou éditrice mais jamais journaliste. Lors d’une restructuration, elle en profite pour voler de ses propres ailes et crée sa société Solaris Conseil. Deux ans après, elle compte une quinzaine de clients. Ses interventions sont aussi variées que ses éditeurs ce qui lui permet d’engranger soit des missions régulières d’accompagnement soit des opérations ponctuelles de sondage de lecteurs. Elle travaille principalement sur la définition de l’offre papier/web, et l‘implantation de cette offre dans l’environnement de l’éditeur.
Elle vient de publier une lettre trimestrielle intitulée « La Presse de Demain ». Il s’agit principalement d’un outil de veille destiné aux éditeurs. Cette lettre est née à la suite du livre qu’elle a écrit l’an dernier, consacré aux abonnements*. Lors de la préparation de ce livre, elle s’est vite rendue compte que certains sujets, tels que la presse en ligne et la diffusion de la presse ailleurs que dans les kiosques, changeaient tellement rapidement qu’elle ne pouvait pas les aborder dans son livre.
Quel est l’objectif de votre lettre ?
La newsletter «La Presse de Demain» permet de diffuser des informations concrètes sur des systèmes et des prestataires qui se mettent en place. L’objectif est d’aider les éditeurs à choisir leur politique d’abonnement et de diffusion dans un environnement qui est plus riche, donc forcément plus complexe qu’avant
Quelle est l'incidence de l'introduction et de la diffusion d'internet dans les organisations de presse ? Comment les éditeurs réagissent-ils ?
Nombreux sont les éditeurs qui s’interrogent sur la nature de la diffusion et à quel tarif, même si aujourd’hui la question « gratuit ou payant » est quasi révolue : les éditeurs se rendent bien compte qu’il est inutile de vendre des informations disponibles gratuitement ailleurs. Ces derniers temps, l’offre en ligne a beaucoup évoluée pour mieux exploiter la richesse de chaque environnement. Les éditeurs ne se limitent plus à la simple mise en ligne de leur contenu. Leurs sites ont évolué jusqu’à devenir de véritables portails où l’internaute peut trouver toute les informations qu’il recherche.
L’enrichissement des sites, et la « redécouverte » de la richesse du papier pour le confort de lecture incite les éditeurs à exploiter le papier pour vendre le web et se servir du web pour vendre le papier. Nous avons vu un exemple Lyonnais lors du forum de l’e-marketing : l’hebdomadaire Lyon Capitale, qui ne présente pas de petites annonces immobilières dans la version papier de leur publication, offre un service de recherche immobilier sur Lyon Capitale.fr. Ce qui est impossible dans la version papier de la publication, faute de place, devient un « jeu d’enfant » en ligne.
En ce qui concerne l’organisation de l’éditeur, il semble que l’ancienne séparation « toi t’es web, toi t’es papier » tient moins bien bien la route qu’une organisation plus fluide, où les personnes sont plus polyvalentes et moins concurrentielles entre elles. Il faut dorénavant considérer qu’un journal n’est pas défini par son format papier, mais par l’ensemble de ses prestations en ligne et hors ligne. Car les lecteurs, les abonnés et les annonceurs souhaitent exploiter les différents formats offerts par les publications. Et si les revues ne font pas l’offre, d’autres sociétés (des « pure players » ou des particuliers) le feront à leur place….
Quels thèmes allez-vous développer au sein de votre lettre et quels conseils préconisez-vous aux éditeurs?
La Newsletter est un outil de veille adapté aux différents services de diffusion qui s’ouvrent à la presse. Je m’intéresse surtout à ce qui se passe en dehors de l’hexagone, car la France est un peu à la traîne en matière de diffusion. Ainsi, le premier numéro a recensé les différents sites et prestataires de publications numériques en ligne : ces revues qui s’affichent en ligne avec des pages qui « tournent » grâce à un click de souris. Pour l’instant ce service est offert quasiment exclusivement par les collecteurs d’abonnement qui facturent (parfois) la transformation des fichiers en revues numériques et qui prennent (souvent) une commission lors de la vente de cette publication numérique. Or il existe des programmes danois et américains qui permettent de créer sa revue numérique soi-même. Certes, ces programmes n’offrent pas les mêmes possibilités de « rich media » (le rajout de la vidéo sur une fiche annonceur, par exemple), mais pour de nombreux éditeurs cela suffit amplement, c’est pourquoi j’en parle. Le prochain numéro abordera les lecteurs hors ligne : ces nouveaux « readers » qui permettent aux lecteurs de lire une revue dématérialisée sans ordinateur.
A propos de conseils, la chose la plus importante, me semble-t-il, sera de ne pas recopier ce qui se fait ailleurs, car chaque portefeuille et chaque lectorat est complètement différent. Par ailleurs, avant de se lancer dans du développement web, il faut se renseigner sur l’offre du marché, car de nombreux prestataires ont déjà développé des outils pour des éditeurs qui sont quasi « prêt à l’emploi ». Et surtout ne pas hésiter à se faire conseiller : cela permet souvent de gagner énormément de temps et de réduire les budgets !
Enfin, selon vous, les réseaux numériques changent-ils en profondeur la nature de la profession journalisti-que ?
N’étant pas journaliste, je préfère laisser les autres répondre à cette question ! Cependant, il me semble, en regardant les offres d’emploi, que l’on demande de plus en plus de polyvalence : au-delà d’une connaissance du métier et des sujets abordés, les éditeurs semblent chercher des personnes qui soient aussi à l’aise avec le web qu’avec le papier.
ITV Serge Tonioni
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