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250 entreprises on droit à l'appellation "agence de Presse"
Avec la reprise économique, un certain nombre de consœurs et de confrères ont manifesté l'intention de se constituer en agence de presse. Certaines ont déjà vu le jour. C'est la raison pour laquelle le Club de la presse a convié à un déjeuner-débat Jacques Morandat, directeur de la Fédération des agences de presse. Cette Fédération s'est constituée le 21 décembre 1945, au moment où, à la Libération, le législateur dotait la presse d'un statut particulier. S'il fallait définir ces grossistes de l'information on pourrait dire qu'une agence de presse est une entreprise qui fournit des informations sous toutes ses formes et notamment aux média. Une agence est indépendante de ses sources d'information et garantit à ses clients une information libre et objective sans interférence d'intérêts commerciaux, idéologiques, politiques ou de groupes de pensée.
La Lettre : Comment est aujourd'hui constitué le paysage des agences de presse ?
Jacques Morandat : Il est particulièrement hétérogène, 250 entreprises environ ont droit à l'appellation "Agences de presse". Le nombre augmente régulièrement (2 à 5 de plus chaque année); mais en fait, il s'en crée une vingtaine par an et on compte presque autant de disparitions. La moitié de ces entreprises comptent moins de cinq salariés et réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 5 MF. Ces "micro-société" côtoient des PME, parmi lesquelles aussi, on trouve quelques entreprises dont la taille est sans rapport : Reuter, l'Associated Press et l'AFP qui avec ses quatre mille salariés et pigistes (dont plus de la moitié de journalistes) réalisent la moitié du Chiffre d'affaires, en France, de l'ensemble des Agences.
Quel est le rôle de la Fédération des agences de presse ?
Le rôle de l'organisation professionnelle, qui regroupe cinq syndicats (selon les typologies d'agences : photographiques, télévisées, textes...) est de regrouper les énergies, de faire savoir aux pouvoirs publics l'intérêt que représentent ces entreprises dans le développement de la culture française à l'étranger et pour l'information des citoyens, de défendre les intérêts primordiaux des agences, notamment en matière de déontologie professionnelle pour une parfaite fiabilité de l'information diffusée.
Quels sont les avantages mais aussi les inconvénients de se constituer en agence de presse ?
L'Etat aide la presse et à travers elle, il aide aussi les agences : allégement de cotisations sociales, exonération de taxes, aides ponctuelles sous forme de subventions et avances de trésorerie (comme le "fonds de modernisation de la presse"). Il n'y a en fait, pour une société, que des avantages à devenir "agences". Le journaliste indépendant par contre, perdra sa "relation sociale" pour la transformer en "relation commerciale". C'est surtout son client, le journal, qui y trouvera un grand avantage. Mais quand les clients sont contents, les fournisseurs en profitent inévitablement.
Quels conseils donneriez-vous à des journalistes qui souhaitent créer une agence ?
Ceux qu'on donne à n'importe quel créateur d'entreprise : un positionnement clair (il ne faut pas essayer de "tout faire"), des prix ajustés (ce qui ne signifie pas "sacrifiés"), un compte d'exploitation prévisionnel irréprochable : la moitié des nouvelles agences disparaissent après deux ou trois ans d'activité.
Propos recueillis par Serge Tonioni
Fédération française des agences de presse :
24, rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris.
Tél 01 42 47 01 00 - www.agencedepresse.fr
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