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Suite à l’appel de l’intersyndicale des journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-FO), de nombreux journalistes se sont rassemblés le 5 novembre, journée d’action européenne pour les droits des journalistes, à l’Assemblée nationale de Paris. Dénonçant le manque de loi assurant l’indépendance des rédactions, leur but était de faire réagir les députés, qui selon le syndicaliste Jean-François Théaldi « n’ont pas été garants de cette constitution qui vise à garantir la liberté de la presse et de l’information.». À Marseille, les manifestants protestaient à l’hôtel de ville contre les pressions et la précarité de la profession journalistique.
À cette occasion, à Lyon, les membres locaux de l’inter syndicalisme ont rendu hommage aux « employés résistants » du Progrès qui avaient en 1942 supprimé le journal afin de contester contre l’envahisseur allemand. Un auto-sabordage qui avait permis la réapparition du quotidien après la Libération pour avoir fait preuve de patriotisme. Le SNJ souligne que « c’est de la Résistance qu’est issue l’ordonnance de 1944 sur la presse ».

Photo Philippe Juste (Le Progrès)
En effet, Le 12 novembre 1942, les troupes allemandes affluaient vers la Méditerranée et traversaient la ville de Lyon, obligeant les journaux à se plier à la censure imposé par Vichy.
Controlé de près et obligé chaque jour de suivre des directives à la lettre, Le Progrès s’est rebellé. Les pressions des troupes allemandes ont été vaines. Le journal ne voulait pas devenir un des acteurs porte parole du régime despotique.
Émile Brémond, directeur du journal, a dû faire face à une décision difficile et courageuse avant d’interrompre sa parution, mais n’a rien à regretter. Il a su faire le choix le plus judicieux et a versé à ses employés un an de salaire à l’avance. Grâce à lui, ses employés n’ont pas eu à souffrir de l’arret du journal et ont pu continuer la lutte contre la dictature. À l’inverse de ses confrères des autres journaux populaires, tel que Le Nouvelliste, Le Salut Public et le Lyon Républicain, Le Progrès ne s’est pas laissé démonter et s’est imposé comme le journal de la Résistance par excellence. Sa fidélité et son engagement de véracité des faits lui vaut l’honneur d’être reconnu comme une référence. Cette volonté est donc un fait essentiel dans l’histoire lyonnaise, de l’histoire de la France et de Vichy. Le Progrès s’est révélé comme un modèle de loyauté et n’a pas failli à sa mission. Il a refusé d’adhérer à la politique scandaleuse des journaux qui utilisait de façon indécente les titres accrocheurs et le sensationnel ce qui n’était pas le style du journal.
Le Progrès a accordé une large place à la vie quotidienne de l’époque, si difficile en ces temps d’angoisse, dans une totale incertitude des lendemains. Aider le lecteur à tenir, c’était assurer l’information la plus précise sur les difficultés, c’était divertir et multiplier les conseils alimentaires, hygiénique et médicaux. Le Progrès se devait de tirer des leçons de morale à partir des faits divers et multiplier les appels à la patience et au courage. À tous ces titres, il était donc important de commémorer c’est acte de bravoure en se réunissant au pied de la stèle commémorant le sabordage du Progrès en 1942 pour la journée d’action européenne pour les droits des journalistes.
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