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Jean-Louis Rioual

Rencontre | Le football féminin et l’olympique Lyonnais

Lundi 16 septembre, le Club de la Presse de Lyon a reçu les acteurs de l’essor du football féminin à Lyon, à l’occasion d’un vernissage et d’une rencontre.

Pour échanger autour du développement de la communication et de la médiatisation du football féminin à l’aune de L’Olympique Lyonnais, Olivier Blanc et Christophe Marchadier, de la direction de la communication de l’, Delphine Cascarino et Sandrine Dusang, joueuse de l’équipe féminine de l’OL, Isabelle Bernard, présidente du club de supporter OLAngel‘Elles

« L’effet Coupe du Monde n’est pas acquis, il peut très vite s’essouffler ». Selon Olivier Blanc, l’engouement médiatique autours du football féminin est encore fragile. Pour Christophe Marchadier, le nouveau directeur de la communication de l’Olympique Lyonnais, la presse a joué son rôle. « C’est un phénomène que nous pouvons observer en Europe». C’est aussi ce que note Isabelle Bernard, fondatrice et directrice du club de supporters OL Ang’Elles. Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de la dernière coupe du monde sur le nombre de licenciées dans les Club mais l’association OL Ang’Elles, quant à elle enregistre une forte augmentation de ses adhérent(e)s.

Club Pigiste | Ras la plume, collectif pigiste

Mardi 10 septembre 2019, le collectif Ras la Plume représenté par Daphné Gastaldi est venue au Club de de la presse de Lyon présenter les questions relatives aux droits des journalistes pigistes.

 

Pour le premier Club Pigiste de la saison, Daphné Gastaldi dresse le portait les conditions de travail des journalistes pigistes.

« Ce mouvement est la conséquence d’un ras le bol, […] Nous sommes un complément et nous voulons être plus réactif. » C’est ainsi que Daphné Gastaldi, membre du bureau du collectif, définit Ras la Plume. Leur forte présence sur les réseaux sociaux permet de récolter toutes sortes de témoignages afin d’affiner les revendications. Nous vous invitons d’ailleurs à remplir le questionnaire ( à consulter ici) qui tente d’établir un état des lieux des conditions de travail des pigistes.

Malgré la tribune publiée dans Libération le 5 février, les requêtes des différents collectifs restent encore de mises. Etre payé, notamment au moment du rendu du travail ou encore de revaloriser le tarif de la pige, sont les principales.

La première interrogation des participants portait sur le statut des pigistes, celui d’auto-entrepreneur que certains médias exigent. La loi Cressard a été évoquée de nombreuses fois concernant l’obligation de paiement, et cela même si la commande n’a pas été publiée. Le temps passé sur le terrain n’est pas valorisé, c’est ce que déplore Daphné Gastaldi. Les droits d’auteurs concernant les photojournalistes, les frais de déplacement ainsi que la protection sociale sont des préoccupations au cœur du métier des journalistes pigistes. Les solutions se construisent petit à petit avec l’aide de collectifs comme Ras la Plume ou encore We Report, mais aussi avec les 48 heures de la pige.

Isaline Glévarec

Le nouveau Bureau du Club

CONSEIL D’ADMINISTRATION (Saison 2019-2020)

Le Club a un nouveau bureau ! 

Mathieu Ozanam (rédacteur en chef d’Intermédia) a été élu pour un an par le conseil d’administration du 2 juillet, pour présider le Club.
Il sera entouré du nouveau bureau composé de  :

– Sophie Esposito, présidente adjointe (AEF info)
– Jérôme Jarny, trésorier (BFM Lyon)
– Fabien Collini, trésorier adjoint (Petit homme prod’)
– Anthony Diao, secrétaire (L’Esprit du judo)
– Zoé Favre d’Anne, secrétaire adjointe (Le Progrès) (non présente sur la photo)

 

Mathieu Ozanam, président du Club 

Mathieu Ozanam rédacteur en chef d’Intermédia a été élu président, le mardi 2 juillet, du Club de la Presse pour une durée de 1 an.

Quel est votre parcours en tant que journaliste ?

MO : J’ai commencé le journalisme en 2000 pour Doctissimo. Lorsque Internet a explosé, certaines rédactions, dont la mienne, ont préféré se passer de journalistes. Je suis devenu journaliste pigiste pour la presse professionnelle pharmaceutique, puis plus tard, à Saint-Étienne, dans la presse économique régionale pour les « petites affiches de la Loire.» En 2010, j’ai été rédacteur en chef de l’Essor de la Loire, du Rhône et de l’Isère. Je suis rédacteur en chef d’Intermédia depuis mars 2017.

Dans quelle direction allez-vous mener le club ?

MO : Le club de la presse sert à fédérer une communauté. Grâce à plusieurs facteurs comme une mise en relation. De plus en plus de journalistes sont indépendants,ils gèrent seuls leurs travaux et ont parfois envie de rencontrer leurs confrères et consœurs dans un lieu convivial. Le club de la presse n’est pas un syndicat mais c’est un support à ces professionnels. Nous organisons des formations, des ateliers autours de sujets d’actualité.

Nous allons d’abord nous concentrer sur les travaux établis par les deux précédentes présidentes : Christel Leca et Maeva Melano. Autrement dit sur l’éducation aux médias puisque cela nous semble primordial actuellement d’autant plus que nous avons une belle dynamique de travail. De plus, le Club accueil dans son bureau des médias qui n’étaient pas représentés jusqu’à présent c’est-à-dire l’AFP, Euronews et BMFTV Lyon.

Propos recueillis par Isaline Glévarec

Le Club de la presse de Lyon au FIL de Nantes

Le Club de la presse de Lyon était présent (et partenaire) au Festival de l’Information locale (FIL) de Nantes. Organisé sur deux jours (27 et 28 juin), le FIL a été l’occasion de mettre en lumière le dynamisme des médias locaux en France, et notamment dans notre région. En quelques chiffres, cette première édition c’est :

350 festivaliers
80 intervenants
30 partenaires

et une bourse émergence attribuée à la Revue Far Ouest, média finaliste des Têtes Chercheuses du Club de la presse en 2016.

 

Interview de Julien Kostrèche, directeur du Ouest Médialab et organisateur du FIL à écouter ici.

Itv par Stéphane Rabut.

Conférence de presse | Le Pure player Lyon-Entreprise refonde son site


Le Pure player Lyon-Entreprise refonde son site

Lyon-Entreprise, annuaire historique et média économique a présenté son nouveau site web lors d’une conférence de presse, le 27 juin dernier.

Est-ce que vous pourriez vous présenter ainsi que Lyon-Entreprises ?

Je suis Dominique Largeron, je suis dans la presse économique dans la région Auvergne-Rhône-alpes depuis 30 ans. Je suis passé par Le Progrès, les Petites Affiches Lyonnaises, la Tribune de l’Isère, avant de basculer du papier au web.
Depuis 10 ans, je suis rédacteur en chef de Lyon-Entreprises. C’est d’ailleurs l’un des ancêtres de la presse web à Lyon car ce site fonctionne depuis 18 ans, ce qui est énorme compte-tenu de l’âge du web.
Au départ, c’était l’idée de son créateur, Michel Prudhomme. Il souhaitait créer un annuaire des entreprises de la métropole lyonnaise et de la région. Lorsque que j’ai commencé, je me suis dit que ce serait pertinent d’ajouter un contenu éditorial économique, cela a très bien fonctionné jusqu’au moment où le créateur a pris sa retraite et revendu Lyon-Entreprises à une web agency : Pilot’in. Ils ont racheté le site il y a deux ans, avec une vraie volonté de développement. Ils ont aussi  investi des sommes importantes pour configurer et mettre aux normes le site de Lyon-Entreprises car l’énorme problème que nous rencontrions était le manque de lisibilité sur smartphone.

Vous pourriez nous expliquer le modèle économique ?

Il est original. Il y a 10 ans quand nous avons lancé la newsletter, nous étions la seule newsletter économique sur la métropole, depuis il y en a eu beaucoup. Notre modèle économique de base ne repose pas sur la publicité, même si il y en a. C’est une proposition à une centaine d’entreprise que nous avons surnommé les « VIP », de multiplier leur visibilité, c’est à dire que nous leur proposons une dizaine de possibilités,ils peuvent choisir du référencement, du publireportage, de la vidéo, etc.
Dans la seconde partie de la newsletter, nous retrouvons de l’information payante et non-indépendante sachant que la partie supérieure, est elle, complètement indépendante. La plupart des autres sites économiques fonctionnent sur l’abonnement. Ce qui n’était pas une alternative pour nous, puisque la grande force de Lyon-Entreprises c’est son lectorat. Celui-ci s’appuie sur un annuaire, soit une banque de données qui s’est développée pendant 16 ans. Nous ne pouvions pas prendre le risque de perdre nos lecteurs.

Nous touchons tous les domaines de l’économie : la santé, le sport, donc notre positionnement ne permettrait pas de vivre avec les abonnements.

Comment maintenir une véritable frontière entre Pilotin (agence de communication ayant acheté Lyon-Entreprises) et vos travaux éditoriaux ?

Dès le début, nous nous sommes mis d’accords avec les actionnaires, c’est-à-dire que d’un côté il y a l’information éditoriale et de l’autre côté il y a l’information des entreprises payantes. Le site de Lyon-entreprises fonctionne sur sa crédibilité, donc si effectivement on passait des publireportages dans la rubrique éditoriale indépendante, le lecteur le verrait tout de suite. Ce n’est pas ma vision du journalisme. De plus, économiquement ce ne serait pas viable.

Propos recueillis par Isaline Glévarec 

Assemblée générale 2019 | Une nouvelle équipe à la tête du Club !

L’assemblée générale ordinaire du Club s’est réunie ce jeudi 20 juin. Elle a élu quatre nouveaux administrateurs :

  • Alexandre Grosbois (AFP)
  • Jérôme Jerny (BFM Lyon)
  • Jacqueline Roz-Maurette (indépendante)
  • Escarlata Sanchez (Euronews)

Ils rejoignent : Laurent Burlet (Rue89 Lyon), Fabien Collini (Petit Homme), Anthony Diao (L’Esprit du Judo), Sophie Esposito (AEF), Zoé Favre d’Anne (Le Progrès), Christel Leca (indépendante), Mathieu Ozanam (Intermédia), Agnès Chappelet (EDF) et Laurence Ehrmann (Vinci construction).

Cette soirée a été rythmée par la présentation du magazine Flush par Aude Lalo, finaliste de la dernière édition des Têtes Chercheuses, qui sort son troisième numéro et d’une dégustation de vins des coteaux de Tain l’Hermitage orchestrée par David Quillin, sommelier des Caves de Tain.

L’assemblée générale a été l’occasion de souligner les activités du Club durant l’année écoulée 

Lunch Club | Tout Va Bien, le magazine de Solution lyonnais

Trois ans après sa création : Tout Va Bien  pour le magazine de solution lyonnaise

Laurianne Ploix, fondatrice de l’association Tout Va Bien ! et directrice du mensuel est venu au club fêter les trois ans de son aventure dans le journalisme d’impact.

Pourriez-vous décrire votre parcours ?

J’ai commencé le journalisme à 17 ans au Dauphiné Libéré en tant que correspondante de presse puis  j’ai été pigiste pour Alternatives économiques. J’ai évolué dans la PQR, notamment dans les rubriques sociales, puis dans la presse de solutions. Je me suis rendue compte qu’il y avait énormément de personnes qui entamaient de belles initiatives. Il suffisait de prendre un nouveau prisme, un prisme positif.

J’ai choisi Lyon car c’est une ville très inspirante notamment en ce qui concerne le milieu associatif. De plus c’est un mélange d’innovation-tradition, avec une histoire du journalisme. Dans Tout Va Bien nous ne sommes pas naïfs, nous savons que le monde n’est pas parfait mais nous tentons de trouver des solutions pour que la société progresse. Il y a des gens qui ont besoin qu’on parle d’eux, et nous, nous avons besoin de savoir qu’ils existent. Ce qui permet de changer les héros médiatiques, nous ne parlerons pas du dernier fait divers sordide.

Quand j’ai commencé Tout Va Bien, j’avais besoin d’un nouveau regard, or je ne suis pas du tout en opposition avec les médias qui dénoncent.

Nous avons besoin d’un pluralisme dans la presse. J’avais l’impression qu’on tournait en rond, pas toujours, pas tout le temps, pas dans tous les médias, il ne faut pas généraliser. En fin de compte, je suis dans la complémentarité de ces médias, ils nous disent que ça ne va pas, nous disons comment ça pourrait aller. Des études en sociologie politique réalisées en 2010 par l’université de Cambridge, s’interrogent sur le lien entre les médias dits « sensationnalistes » et le pouvoir autoritaire. Elles soulignent que plus les mauvais côtés du monde sont exhibés dans la presse, plus les citoyens vont se sentir impuissants donc ils vont s’en remettre à un  « sauveur » qui réglera tous les problèmes. Ce qui conduit parfois à mettre en place un pouvoir autoritaire. En tant que journaliste je me sens donc responsable.

Quelles sont les particularités de Tout Va Bien ?

Notre particularité est éditoriale, certains journaux réalisent des rubriques de solutions, nous , nous sommes un journal entièrement de solutions. De plus, nous sommes attachés à notre territoire mais nous n’hésitons pas à l’élargir notamment dans le cadre des Hors-séries. Nous sommes participatifs. Tous nos adhérents peuvent écrire dans nos pages puisque nous considérons que tout le monde peut et est vecteur d’information, tout le monde est responsable. Ils reçoivent une formation en deux parties : la première est axée sur l’écriture et la déontologie journalistique, la seconde est sur la vérification des sources et les infographies.

Quels moyens avez-vous trouvé pour financer votre association mais surtout le mensuel qui en découle ?

Au début, nous avions l’ambition d’être financés uniquement par nos adhérents et nos abonnés. Que ce soit via le web ou le papier. Nous mettons aussi à disposition des ventes à l’unité dans une petite dizaine des dépôts de vente, qui sont issus de l’économie sociale et solidaire mais aussi indépendants. Ce sont des personnes qui soutiennent le projet de la presse associative, locale, citoyenne et sans publicité. Or, le financement est ce qui diffère entre les numéros mensuels et les hors-séries, ces derniers sont gratuits et par conséquent en partenariat avec des institutions publiques. Ce qui nous permet de prendre le temps de réaliser des reportages à l’étranger. Nous aimerions appliquer le modèle du hors-série sur nos numéros mensuels, en d’autre terme, nous souhaiterions que nos publications soient gratuites, mais l’information qualitative a un coût, je suis la seule salariée à plein temps. Notre modèle économique n’est certes pas stable, puisque nous dépendons du nombres d’adhérents et d’abonnés chaque mois, mais le modèle du hors-série, donc le partenariat n’est pas compatible avec le modèle du Tout Va Bien mensuel puisque nous voulions qu’il soit véritablement géré par nos adhérents, nous ne dépendons pas des publicités. Nous voulons vraiment garder une démarche éthique.

Quels sont vos projets ?

Pour l’instant nous n’avons que des projets à court terme. Notamment concernant les hors-séries avec les reportages mais aussi sur nos actions socio-culturelles comme le « décrypte info » ou encore les ateliers « crée ton journal ».

Concernant les numéros extraordinaires nous mettons en place des thématiques annuelles, dernièrement elle portait sur le rapport entre les migrations et la culture qui était finalement très anglée sur les pays du nord. Pour la prochaine, nous pensions donner la parole aux pays du sud en anglant cette fois-ci sur la place des femmes dans la société en général mais surtout dans les migrations. Nous allons donc travailler avec des journalistes du Niger ou encore d’Ethiopie, mais aussi avec des associations lyonnaises notamment « Femmes d’ici et d’ailleurs »

Est-ce que d’autres villes françaises pourraient accueillir une antenne Tout Va Bien ?

A long terme pourquoi pas. Ce n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. Disons que nous préférons très largement stabiliser le modèle économique de notre antenne lyonnaise. Pour s’exporter, il nous faudrait un budget d’une autre échelle car pour se faire nous avons besoin de personnel et nous ne voulons pas les sous-payer.

Propos recueillis par Isaline Glévarec

Remue Méninges | Démystifier l’intelligence articielle, avec J. Jubelin (Umanao)

Mardi 11 juin, Jérôme Jubelin fondateur d’Umanao nous a présenté une fiction immersive et ludique, interrogeant les futures relations entre le journalisme et l’intelligence artificielle dans le cadre du dernier Remue-Méninges de la saison.

A peine les participants installés que les termes doivent se définir, notamment le principal, l’Intelligence Artificielle (ou IA). Au vu de sa densité, nous pouvons l’associer à de nombreuses notions comme algorithme ou encore Big data. Face à ces nouveaux outils technologiques, le métier de journaliste évolue à l’instar de celui du copiste avec l’avènement de l’imprimerie.

Pour appréhender ces enjeux, Umanao a conçu cet atelier avec la coopération de deux robots journalistes intégrés dans une fiction diffusée dans la salle.

Ceux-ci ont alors demandé aux participants de former trois groupes afin de réaliser un jeu abordant les thèmes de l’acculturation au numérique, les utilisations possibles de l’IA par les journalistes, le poids du modèle économique sur la capacité des médias à se réinventer ou non, la notion de média à l’heure de l’infobésité et ce qu’est l’information à l’heure de l’émotionnel et du journalisme d’opinion. Pendant une heure, les participants à l’atelier se sont projetés comme journaliste dans cet environnement en forte transformation.

Les réponses ne se sont pas fait attendre, allant de la plus positive à la plus négative. Pour certains l’utilisation d’une intelligence artificielle permettrait de développer ses sources, une meilleure répartition des tâches, une présélection d’information selon des critères définis au préalable, mais aussi faire éclater les bulles de filtres des réseaux sociaux. Or, pour d’autres cela signifierait une perte de conscience voire d’éthique ou encore une précarisation du métier due à la robotisation.

L’objectif était d’engager la réflexion et le débat pour faire travailler la flexibilité cognitive et l’ouverture, sachant que, comme l’a rappelé en conclusion Jérôme Jubelin, cet exercice concourt à activer la mémoire du futur, mécanisme à l’œuvre dans notre cerveau, qui nous aide à nous adapter et à construire notre avenir.

 

 

 

 

 

Remue-Méninges | Chercher et enquêter avec Internet, avec Olivier Bot

REMUE-MENINGES //
Chercher et enquêter avec Internet, mardi 28 mai

Lors du Remue-Méninges de ce 28 mai au Club de la presse de Lyon et de sa région , Olivier Bot rédacteur en chef, chargé de projet Web de la Tribune de Genève et enseignant en journalisme, nous a présenté ses solutions pour « Chercher et enquêter avec Internet » (Éd. PUG) à l’occasion de la sortie de son ouvrage éponyme.

« Une information prise sur internet se recoupe dans le monde réel », affirme Olivier Bot pour souligner que le net n’est qu’un outil. Comment s’en servir est le cœur du problème. Savons-nous déchiffrer une URL ? Savons-nous utiliser les moteurs de recherches ? Pouvons-nous savoir qui est derrière un site internet ? etc.

Lors d’échanges, l’auteur nous a invité à sortir des sentiers battus, mais surtout des bulles de filtre, en nous parlant du web profond ou invisible (Darknet), qui regorge de bases de données et de documents. Enfin, face à ce flux qui nous empêche souvent de déceler la bonne source, l’ouvrage d’Olivier Bot est une véritable ressource, qu’il est nécessaire de mettre à jour régulièrement.

Têtes chercheuses | Médiacités, deux ans après

Médiacités à Lyon : deux ans d’investigation locale

A l’occasion des deux ans de l’édition lyonnaise de Médiacités, Nicolas Barriquand, son rédacteur en chef retrace le parcours du pure player d’investigation locale indépendant (la société éditrice du journal est contrôlée par ses fondateurs et nous n’avons pas de publicités), présent également à Lille, Toulouse, Nantes.

Quel est la singularité de votre modèle économique ?

Notre modèle économique c’est l’abonnement tout simplement. C’est le modèle qui nous paraissait le plus logique : vivre de l’information qu’on délivre nous paraît plus sain que l’espace publicitaire, ou de rallonges budgétaires. Notre modèle n’est pas spécifique, nous vendons juste l’information. Notre principal défi est de faire comprendre à nos lecteurs que l’abonnement est essentiel pour la pérennité de Médiacités. C’est un défi parce que depuis 15-20 ans nous nous sommes habitués à la gratuité, d’une part à cause d’internet, et d’autre part à cause des gratuits qui étaient distribués à la sortie du métro, basés sur un modèle ultra-publicitaire. Tous ces éléments ont fait rentrer dans la tête de la population qu’elles n’avaient plus besoin de payer pour avoir de l’information.

Ce n’est pas une évidence. Or, nous voyons que ça évolue, les gens sont prêts à payer pour échapper à la publicité en s’abonnant à des plateformes de streaming. De la même manière, il y a de plus en plus d’internautes qui ont compris qu’il fallait payer pour avoir une information de qualité. Nous pouvons le constater avec le nombre d’abonnements numériques en très nette hausse sur Le Monde.fr, mais aussi dans la réussite de Médiapart qui, aujourd’hui, compte 150 000 abonnés. Nous nous inscrivons donc dans ce changement d’usage, de cette prise de conscience de la part des citoyens qui choisissent de payer pour avoir des informations de qualités et indépendantes.

Comment s’est fait le choix des villes où vous vous êtes installé ?

Notre projet était de s’implanter dans de grandes métropoles en France en dehors de Paris, puisque nous sommes partis du constat que la presse était très parisienne. De plus, de nombreux sujets d’intérêt local passaient sous les radars de la presse nationale. Nous avons donc étudiés la situation dans toutes les grandes agglomérations et nous avons sélectionné Lille. C’est la quatrième ville française et surtout un des fondateurs connait parfaitement bien ce territoire et ses acteurs. Il y avait peu de diversité, en dehors de la « Voix du nord ». Lyon était une évidence, à cause de sa concentration de pouvoir à la fois politique, avec la création de Lyon Métropole, mais aussi économique, avec les nombreux sièges d’entreprises présents dans la région. Même si le paysage médiatique lyonnais est très bouché, nous démontrons chaque semaine, grâce à nos enquêtes que nous avons notre place puisque nous sortons des exclusivités. Concernant Toulouse, la diversité médiatique est moindre face aux autres villes françaises, il reste « La dépêche du Midi » qui est une institution à part entière. Enfin, Nantes attire énormément de monde, que ce soit des actifs ou des entreprises. Elle a d’ailleurs pris le pas sur les autres métropoles de l’ouest de la France.

Ce qui différencie Médiacités et les autres journaux locaux c’est le travail en réseau. Nous sommes qu’un seul journal avec quatre implantations. Nous sommes à la fois un média national mais aussi local ce qui permet de ne pas dépendre d’un territoire et d’avoir des approches transversales sur certains sujets.

Quel est votre bilan sur ces deux dernières années ?

Il est à la fois positif et mitigé. Il est positif dans la mesure où toutes les semaines nous publions des enquêtes qui sont remarquées par les lecteurs et par des confrères, nous avons donc prouver la pertinence de développer Médiacités. De surcroît, les lecteurs sont de plus en plus nombreux à s’abonner même si notre point d’équilibre n’est pas encore atteint.

Propos recueillis par Isaline Glévarec

 

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