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Lunch Club | Tout Va Bien, le magazine de Solution lyonnais

Trois ans après sa création : Tout Va Bien  pour le magazine de solution lyonnaise

Laurianne Ploix, fondatrice de l’association Tout Va Bien ! et directrice du mensuel est venu au club fêter les trois ans de son aventure dans le journalisme d’impact.

Pourriez-vous décrire votre parcours ?

J’ai commencé le journalisme à 17 ans au Dauphiné Libéré en tant que correspondante de presse puis  j’ai été pigiste pour Alternatives économiques. J’ai évolué dans la PQR, notamment dans les rubriques sociales, puis dans la presse de solutions. Je me suis rendue compte qu’il y avait énormément de personnes qui entamaient de belles initiatives. Il suffisait de prendre un nouveau prisme, un prisme positif.

J’ai choisi Lyon car c’est une ville très inspirante notamment en ce qui concerne le milieu associatif. De plus c’est un mélange d’innovation-tradition, avec une histoire du journalisme. Dans Tout Va Bien nous ne sommes pas naïfs, nous savons que le monde n’est pas parfait mais nous tentons de trouver des solutions pour que la société progresse. Il y a des gens qui ont besoin qu’on parle d’eux, et nous, nous avons besoin de savoir qu’ils existent. Ce qui permet de changer les héros médiatiques, nous ne parlerons pas du dernier fait divers sordide.

Quand j’ai commencé Tout Va Bien, j’avais besoin d’un nouveau regard, or je ne suis pas du tout en opposition avec les médias qui dénoncent.

Nous avons besoin d’un pluralisme dans la presse. J’avais l’impression qu’on tournait en rond, pas toujours, pas tout le temps, pas dans tous les médias, il ne faut pas généraliser. En fin de compte, je suis dans la complémentarité de ces médias, ils nous disent que ça ne va pas, nous disons comment ça pourrait aller. Des études en sociologie politique réalisées en 2010 par l’université de Cambridge, s’interrogent sur le lien entre les médias dits « sensationnalistes » et le pouvoir autoritaire. Elles soulignent que plus les mauvais côtés du monde sont exhibés dans la presse, plus les citoyens vont se sentir impuissants donc ils vont s’en remettre à un  « sauveur » qui réglera tous les problèmes. Ce qui conduit parfois à mettre en place un pouvoir autoritaire. En tant que journaliste je me sens donc responsable.

Quelles sont les particularités de Tout Va Bien ?

Notre particularité est éditoriale, certains journaux réalisent des rubriques de solutions, nous , nous sommes un journal entièrement de solutions. De plus, nous sommes attachés à notre territoire mais nous n’hésitons pas à l’élargir notamment dans le cadre des Hors-séries. Nous sommes participatifs. Tous nos adhérents peuvent écrire dans nos pages puisque nous considérons que tout le monde peut et est vecteur d’information, tout le monde est responsable. Ils reçoivent une formation en deux parties : la première est axée sur l’écriture et la déontologie journalistique, la seconde est sur la vérification des sources et les infographies.

Quels moyens avez-vous trouvé pour financer votre association mais surtout le mensuel qui en découle ?

Au début, nous avions l’ambition d’être financés uniquement par nos adhérents et nos abonnés. Que ce soit via le web ou le papier. Nous mettons aussi à disposition des ventes à l’unité dans une petite dizaine des dépôts de vente, qui sont issus de l’économie sociale et solidaire mais aussi indépendants. Ce sont des personnes qui soutiennent le projet de la presse associative, locale, citoyenne et sans publicité. Or, le financement est ce qui diffère entre les numéros mensuels et les hors-séries, ces derniers sont gratuits et par conséquent en partenariat avec des institutions publiques. Ce qui nous permet de prendre le temps de réaliser des reportages à l’étranger. Nous aimerions appliquer le modèle du hors-série sur nos numéros mensuels, en d’autre terme, nous souhaiterions que nos publications soient gratuites, mais l’information qualitative a un coût, je suis la seule salariée à plein temps. Notre modèle économique n’est certes pas stable, puisque nous dépendons du nombres d’adhérents et d’abonnés chaque mois, mais le modèle du hors-série, donc le partenariat n’est pas compatible avec le modèle du Tout Va Bien mensuel puisque nous voulions qu’il soit véritablement géré par nos adhérents, nous ne dépendons pas des publicités. Nous voulons vraiment garder une démarche éthique.

Quels sont vos projets ?

Pour l’instant nous n’avons que des projets à court terme. Notamment concernant les hors-séries avec les reportages mais aussi sur nos actions socio-culturelles comme le « décrypte info » ou encore les ateliers « crée ton journal ».

Concernant les numéros extraordinaires nous mettons en place des thématiques annuelles, dernièrement elle portait sur le rapport entre les migrations et la culture qui était finalement très anglée sur les pays du nord. Pour la prochaine, nous pensions donner la parole aux pays du sud en anglant cette fois-ci sur la place des femmes dans la société en général mais surtout dans les migrations. Nous allons donc travailler avec des journalistes du Niger ou encore d’Ethiopie, mais aussi avec des associations lyonnaises notamment « Femmes d’ici et d’ailleurs »

Est-ce que d’autres villes françaises pourraient accueillir une antenne Tout Va Bien ?

A long terme pourquoi pas. Ce n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. Disons que nous préférons très largement stabiliser le modèle économique de notre antenne lyonnaise. Pour s’exporter, il nous faudrait un budget d’une autre échelle car pour se faire nous avons besoin de personnel et nous ne voulons pas les sous-payer.

Propos recueillis par Isaline Glévarec

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