Oling

Sarah

« Journaliste atypique »

Itinéraires d'une journaliste autodidacte

En préambule à cette présentation d’un parcours de journaliste atypique, comment expliquer, sans donner à penser que je joue une feinte modestie, cette constante impression d’être presque imposteur du terme « journaliste ? Le journalisme n’a jamais été mon activité première, puisque j’ai dû avoir d’autres activités « alimentaires » pour de pures raisons matérielles, cependant je l’ai exercée à titre professionnel à plus d’un titre depuis presque 25 ans. Active professionnellement, certes, mais sans être passée par une école de journalisme, j’ai même souvent donné comme réponse, lorsqu’il m’était demandé de quelle école j’étais issue, que c’était celle « du culot ».

L’aventure a réellement débuté en 1994, à RJL, radio villeurbannaise, où j’avais une émission hebdomadaire au cours de laquelle je recevais des acteurs du monde politique ou culturel, avec déjà la volonté de trouver une voie pour ce que je considérais et considère toujours comme mon devoir, témoigner et faire témoigner. Que ce soit à la radio ou même à la télévision, j’ai toujours tenté d’être la petite voix de ceux qui avaient perdu « les mots pour le dire ». Dans la même dynamique, tout en menant des interviews à travers la France de résistants, d’enfants cachés et de déportés, missionnée par le CHRD de Lyon, une centaine en huit ans, j’ai été pendant plusieurs années correspondante d’un hebdomadaire parisien, Tribune Juive. À ce titre, j’ai beaucoup exploré la nébuleuse négationniste au sein des Universités lyonnaises.

Toujours à l’affût de rencontres et d’expériences nouvelles, pendant presque deux ans, j’ai poursuivi mon travail de correspondant, pour RJL et pour Tribune Juive en Israël où j’ai assumé également le poste de rédactrice en chef d’un magazine francophone « Expressions » . Ce qui m’a donné l’opportunité de réaliser, sans filtres, de nombreuses interviews, sous forme d’entretiens, de politiques, d’écrivains, dans le souci de « voir par moi-même » toutes les facettes de la société israélienne. Et qui m’a aussi permis d’obtenir ma première carte de presse, délivrée par le ministère israélien.

De retour en France, ces entretiens ont été la matière d’un livre, « Entre orient et Occident » paru en 2014, regroupant également des interviews réalisées sur les ondes de RJL et préfacé par Gérard Collomb, préface que je reproduis ici, pour ce qu’elle exprime de juste dans ma pratique de journaliste:

« Parmi une multitude de pratiques, l’interview incarne sans doute mieux que toute autre le cœur de métier des journalistes. Le jeu cadencé des questions-réponses, l’espace intime de la confrontation, la naissance d’une vérité au moment précis du dialogue : l’interview est un art délicat. Écrivain, journaliste de presse écrite et de radio : Sylviane Sarah Oling en a la maîtrise parfaite. Quand je l’ai rencontrée pour la première fois, c’était en 1995, à Radio Judaïca Lyon. Paul Amar, mais aussi Raymond Barre, alors comme moi candidat à l’élection municipale de Lyon, et bien d’autres personnalités marquantes, avaient été interviewées par elle dans les petits studios de RJL à Villeurbanne. Sans doute peut-on mesurer la qualité d’un entretien aux sentiments d’abandon et d’évasion qu’il provoque en vous. C’est peut-être aussi cela la magie de la radio ! Toujours est-il, que ce jour-là, j’ai vécu un vrai moment de journalisme, évoquant des souvenirs lointains, de ma prime enfance aux événements plus récents de ma vie politique. Ces confidences, je les ai retrouvées dans ce livre avec beaucoup de plaisir et d’émotion. Puis j’ai exploré, une à une, celles de ces autres invités qui, comme moi, ont eu la chance et le privilège de répondre à Sylviane Sarah Oling. Je suis heureux que vous puissiez, à votre tour, découvrir ces morceaux de vie sous cette plume si éprise d’Humanité. » Gérard COLLOMB

En conclusion de cette présentation, je dirai volontiers que ma pratique du journalisme , après tant d’années , sans en avoir eu les codes, a cependant pleinement honoré la mission que je m’étais donnée originellement.

 

Sarah Oling